‹ Dans les propylées de l'instrumentationChapitre 37 sur 68 · HP · texte numérisé non relu

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535. — Les sons harmoniques prolongent l'échelle des instruments à archet au delà des limites assignées aux sons

(1) Scherzo de la fée Mab clans Roméo et Juliette (voir ce passade aux pages 22-3 du Grand traité (V orchestration de Berlioz).

ordinaires. Voici l'étendue du violon et la division de ses res:is-

très sommairement indiqués (197 a d) :

11 — 7 il- — il —

grave médium aigu suraigu

536. — On comprendra (d'après l'ex. 194) à quelle hauteur on peut atteindre, l'orsqu'on pratique sur la chanterelle ce que l'exemple 194 montre pour la 3e corde. — A partir du sol *) de de l'ex. 197e on peut produire toute une gamme en sons harmoniques.

537. — Les violons sont communément divisés en premiers et seconds violons ; ces derniers ont une partie bien moins difficile que les premiers. Rarement le second violon dépasse le mi, degré le plus élevé de la 4e position (voir ex. 182).

Weber fut le premier à diviser par moments les violons en plus de deux parties. Dans le Largo de l'ouverture d'Euryante, ils sont à quatre parties. Wagner en a douze dans Rheingold.

L'alto.

Son timbre captive et attire tellement l'attention qu'il n'est pas nécessaire d'en avoir dans un orchestre un nombre tout à fait égal à celui des violons. Les qualités expressives de ce timbre sont si saillantes que dans les très rares occasions où les anciens compositeurs le mirent en évidence, il n'a jamais manqué de répondre à leur attente.

On sait l'impression profonde qu'il produit toujours dans le morceau d'Iphigénie en Tauride où Oreste, abîmé de fatigue, haletant et dévoré de remords, s'assoupit en répétant : Le calme rentre dans mon cœur! pendant que l'orchestre, sourdement agité, fait entendre des sanglots, des plaintes convulsives, dominé incessamment par l'affreux et obstiné grondement des altos.

DANS L1CS PROPYLÉES DE L'iNSTRUMKNTATION

Le chant des altos sur les cordes hautes fait merveille dans les scènes d'un caractère religieux et antique. Spontini le premier eut l'idée de leur confier la mélodie en quelques endroits de ses admirables prières de la Vestale.

L'alto est un timbre précieux quand il est bien et habilement mis en opposition avec les timbres des violons et des autres instruments.

Berlioz.

538. — L'alto placé entre le violon et le violoncelle, occupe la région moyenne de l'étendue générale, le parcours des voix de ténor et de contralto. Il s'écrit en clef d'ut 3e ligne, dit clef d'alto.

Voici les quatre cordes de l'alto :

(chanterelle) ire corde 2e corde 3e corde 4e corde

53g. — Sa fondamentale est à la quinte inférieure de celle du violon (ex. iy8b) L'alto est de par son accord, vis-à-vis du violon dans le rapport de 2:3, ses dimensions devraient donc être un peu plus grandes.

540. — Ce qui a été dit relativement au doigté du violon, tant chromatique (§ 512) que diatom'qice, s'applique à l'alto, avec la seule restriction, que par suite de ses dimensions, cet instrument nécessite des écarts plus considérables pour les doigts, et est conséquemment d'un maniement moins aisé.

4e corde

2e corde

ny

3e corde

lre corde

541. — Quant aux positions, l'alto ne dépasse pas la 71 tion, et même, on monte assez rarement jusque là.

posi-

l66 DANS LES PROPYLÉES DE L'INSTRUMENTATION

Les derniers sons à l'aigu se notent ordinairement en clef de sol. L'exposé de la division des registres de son échelle le fera voir (ex. 200 a(l ) :

grave II médium II aigu II suraigu I (4 harm.)

±-ii s-r làk

fz=?

542. — La limite des sons ordinaires est la dernière note de la 7me position, c'est-à-dire le ré du suraigu; mais cette limite est de beaucoup surpassée par le phénomène des sons harmoniques, dont, à partir de l'ut, limite inférieure du registre aigu (200e) on peut former une gamme « diatonique » et « chromatique » jusqu'au dernier mi du registre suraigu (200e1).

Ce procédé de l'ex. 200e, est celui qui a été vu au §532, pour la production d'une série de sons harmoniques 4, (ex. 191a, 194, 197e ainsi que 200e).

543. — Il est recommandante que l'élève fasse lui-même des tableaux pour les positions de l'alto (d'après l'ex. 182). Il fera de même pour la production des sons harmoniques « naturels » (ex. 189) et « artificiels » (ex. 194) sur l'alto. Il parviendra ainsi beaucoup mieux et plus rapidement à la connaissance parfaite de ce mécanisme particulier, de façon à pouvoir se passer de l'indication exacte de l'ex. 196b.

544. — Quant aux doubles-, triples- et quadruples-cordes, c'est-à-dire la production des accords ou arpèges, tout ce qui a été dit à ce sujet pour le violon aux paragraphes 513-518 (ex. 184-187), vaut aussi pour l'alto. Et il sera bon que l'élève reproduise par exemple pour l'alto, des doubles-, triples- et quadruples-cordes, analogues à celles de l'ex. 185 pour le violon.

Le Violoncelle.

» Les violoncelles sont essentiellement chanteurs; leur timbre sur les deux cordes supérieures est un des plus expressifs de l'orchestre. Rien n'est plus voluptueusement mélancolique et plus propre à bien rendre les thèmes tendres et langoureux qu'une masse de violoncelles jouant à l'unisson sur la chanterelle. — Ils sont excellents aussi pour les chants d'un caractère religieux. Les deux cordes inférieures ut et sol, sont d'une sonorité onctueuse et grave. »

Berlioz.

» Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, les compositeurs symphoniques et dramatiques ne lui assignent guère d'autre rôle que celui de faire entendre concurremment avec les contrebasses la partie inlérieure de l'harmonie. Aussi, dans leurs partitions les violoncelles et les contrebasses se trouvent-elles écrites généralement sur une seule portée. Mozart ne leur donne presque jamais une partie distincte; Haydn le fait un peu plus souvent.

Il était réservé au génie de Beethoven de dénouer le lien qui tenait le violoncelle enchaîné à son lourd compagnon, et d'enrichir le chœur des instruments à archet d'une cinquième voix, plus mélodieuse, plus pathétique qu'aucune autre.

Cette révolution féconde qui marque l'avènement de l'instrumentation moderne, se fait sentir déjà dans l'Eroica, mais elle n'est pleinement acccmplie qu'à partir de la symphonie en ut mineur ».

Gevaert.

545. — Les violoncelles sont, à proprement parler, la voix de basse du chœur des archets. Dans l'ensemble de l'orchestre ils remplissent ordinairement ce rôle ; mais depuis Beethoven (voirie motto ci-dessus) cet instrument s'est vu conférer encore un autre rôle, qui le transforme parfois en « cinquième > voix du groupe des cordes.

546. — Le violoncelle joue tantôt la partie de basse, tantôt la partie de ténor dans le quatuor des instruments à archet. Non seulement il occupe en entier les régions grave et moyenne

de l'étendue générale (*) des sons, il s'étend jusque dans la région aiguë, même sans avoir besoin de recourir aux sons harmoniques.

547. — Voici ses quatre cordes accordées à l'octave inférieure de celles de l'alto :

(chanterelle)

Ie corde 2e corde 3e corde 4e corde

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