II PRÉFACE
// nous raconte cela sans nulle prétention au style^ mais simplement, rondement, avec bonhomie et bonne humeur. Il a la clarté et le mouvement. Les détails techniques sont limpides. Parfois sa phrase se colore comme à son insu; et, quand l^ émotion vient par surcroît, cette émotion est toute spontanée et semble involontaire. C'est par les choses mêmes qu'il nous émeut, ce qui est la bonne façon. Le passage du lé-Tan, un des plus redou-tables rapides du Yang-Tsé, est un drame pathétique et angoissant j et comme du Jules Verne qui serait vrai.
^Joignez la finesse fréquente des observations s^r les mœurs et le caractère chinois ^ V agrément des wfiecdotes, ' la netteté des paysages cueillis en passant, et bien d'autres éléments d'intérêt J
Ce livre est de ceux qui ont le plus d^ attrait pour les
' sédentaires comme vous ou moi. Car ce qu'il nous pré-
sente, ce. qu'il nous fait admirer et envier du fo7id de
nos fauteuils, c'est l'action complète, celle qui exerce
l'homme tout entier.
Elle exerce, dis-fe, toutes les facultés, toutes les puissattces de r homme. D'abord son corps et ses muscles. Il faut, pour ces besognes-làyêtre robuste^ endurant, adroit, avoir de bons yeux et des tnembres souples, supporter indéfiniment la fatigue, les privations, le froid j le chaud, la souffrance physique.
Elle ex^erce, en outre, les facultés morales, h faut, ici, non seulement du courage et du sang-froid, mais de la patience, de la ténacité , de la persévérance, un entêtement invincible. Car ce ne sont pas prouesses d'une hey^re, mais de plusieurs semaines et de plusieurs mois. Les menus accidents, qui tous peuvent être mortels, s'y