‹ Dans les ruesChapitre 9 sur 59 · Sinve, homme naïf · texte numérisé non relu

Sinve, homme naïf

— Tout de même, pisqu'il ne t'attaque pas!

— Y m'aurait attaqué, vieux, après ce que j'ai servi à Rosalie. Ou alors, il aurait passé pour un taffeur et y ne peut pas!

Ils se turent, n'ayant pu, faute de ressources oratoires, exprimer l'essentiel. Gobiche avait cédé à ses impulsions comme on cède à une pression physique, mais il n'en gardait pas moins le sens de la fatalité, et le caractère de Jacques lui était d'autant mieux connu, qu'il ne le connaissait pas intelligiblement. Au tréfonds, il appliquait au petit chef le même jugement que celui-ci appliquait à Cigare : donc le combat aurait lieu!... Alfred en avait mal au ventre. Car il aimait le jeune Lérande avec effarement, résignation et modestie :

— On se verra le tantôt de demain? demanda-t-il d'un ton indifférent. Si que j'allais te prendre?

— Je ne dis pas non.

Jacques remonta vers la rue Dareau. Il y avait des coupetées dans sa poitrine. Les coups et les blessures le laissaient insensible, il n'imaginait aucunement la mort : seule l'idée de n'être pas vainqueur lui barbotait l'estomac.

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