LE CŒUR DE LABIME
iructions cyclopéennes des Pélasges ou des Égyptiens semblent peu de chose. Il y a encore nos cathédrales sublimes que la barbarie allemande veut anéantir,'et le prodigieux cantique de tous les arts de l'Occident; les tableaux des Primitifs et les symphonies de Beethoven , Dan te et Shakespeare , Michel-Ange et Donatello. Il y a enfin Napoléon, sans parler de la multitude lumineuse des Amis de Dieu.
Et tout cela est infiniment accessoire quant à la splendeur, à la puissance, à l'écrasement de l'âme ; toutes ces choses et tous ces hommes sont exactement comme rien, quand on pense au Cœur de l'Abîme!
Une piété rampante et bassement liypno-
tisée par le simulacre a déshonoré tant qu'elle a pu ce mystère de dilection et d'épouvante par des images dont la vilenie puérile etle réalisme profanant sont à faire pleurer les Ang-es qui environnent les autels. Mais l'Absolu, l'Irréfragable demeure. C'est l'immense abîme à côté de nous, autour de nous, en nous. Pour le découvrir il est indispensable d'y être précipité. Le miracle même et la transcendance mystique ne suffisent pas. Pascal, dit-on, le voyait sans cesse, mais c'était l'abîme noirde son jansénisme, et pas du tout l'abîme de lumière dont le seul pressentiment est capable de tuer des saints.
Un ancien solitaire à moitié Égyptien et