LE CŒUR DE L'ABIME
Que faut-il entendre par ces mots : le Cœur de l'Abîme'i La Bible, qui est ellemême un abîme, invoque l'abîme dès ses premières lignes, disant que dans le principe, les ténèbres étaient sur la face de l'abîme. Il est déclaré dans un psaume que les jug-ements du Seigneur sont un grand abîme, et dans un autre, que l'abîme est
son VL!''ii)':nt. Le Seigneur lui-même demande à Job s'il s'est promené au fond de l'abîme, et le prophète Habacuc parle du cri de l'abîme dans son célèbre cantique. Enfin l'Évang-ile raconte que les nombreux démons qui possédaient un malheureux homme supplièrent Jésus de ne pas leur commander d'aller dans l'abîme dont ils avaient peur, mais de leur permettre d'entrer dans les pourceaux qui paissaient sur la montagne d'où ils furent immédiatement précipités- Ce mot d'abîme tient une place si singulière dans la Révélation, qu'on ii-; peut s'empêcher de croire que c'est un p.>eudonyme de Dieu, et que le cœur de cet abîme
LE CŒUH DE L'ABIUE "jS
ne peut être que le Cœur de Dieu, le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ adoré par toute l'Église. C'est donc cela qu'il faut s'attendre à voir lorsqu'il n'y aura plus aucune chose visible. Si les diables en ont
i eu peur, quel ne sera pas le tremblement des humains ? Au temps de la Passion, ils
: ont bien pu outrager sa Face, alors couverte de ténèbres, mais que peuvent-ils contre son Cœur?
Il y a tout ce que vous voudrez de plus grand ou déplus grandiose. Il y a l'Himalaj-a, dont il est dit que vingt montagnes comme le Pic du Midi ne feraient pas un escalier suffisant pour y monter. Il y a la terrifique majesté de l'Océan polaire, lors-
qu'une tempête infinie bouleverse dans l'étendue ses immenses dalles de glace, à la diffuse clarté d'un soleil mort. Il y a les plus effrajantes convulsions de notre globe, les tremblements de terre inimaginables comme ceux de l'IUyrie ou de la Syrie, qui détruisirent, au sixième siècle, des provinces entières et d'énormes villes en quelques instants, le sol s'entr'ouvrant pour engloutir les habitants et leurs demeures, et se refermant aussitôt sur eux avec un mugissement de gouffre qui put être entendu de Gonstantinople.
Il y a aussi les magnificences humaines, les colossales bâtisses de l'Indo-Chine ou de Java en comparaison desquelles les cons-