LÉOPOLDVILLE
tre la valeur de conception de nos voisins congolais.
L'ancien port, un simple mur de quai droit, vient d'être complété par des cales de construction et de réparation, munies d'un grand slip. Outre le vétusté bateau de la mission hydrographique française Dolizie, dont les lignes efflanquées et la superstructure démesurée inquiètent et choquent l'œil, plusieurs navires sont là, près d'une grande coque de 500 tonneaux, construite sur place et prête à être lancée. D'autres travaux sont en cours, auxquels on peut seulement reprocher le « trop bien » et l'oubli des méthodes rudimentaires, mais économiques et pratiques, que les Yankees, disais-je, ont faites leurs, et dont les' ingénieurs coloniaux de tous les pays devraient s'inspirer.
Près du port, un puissant atelier de mécanivque,'^||ir l'entretien de la nombreuse flottille possédée par les Belges, mais dont aucun échantil- \hp. n'approche des deux grands ferries de la Compagnie française, le Ballay elle Président^ Fondère. Par contre, il est singulier de constater la différence existant entre leur mode de navigation et la nôtre : alors que le remorquage a été jusqu'ici répudié par nous, eux l'emploient de préférence. Ils ont même donné à leurs bateaux
remorqués le nom de « bar^e », par lequel on désip^ne les grands chalands de mer usités dans le Sud de l'Angleterre.
Cette différence entre leur matériel naval et le nôtre peut s'expliquer, il est vrai, par le fait que le Congo, de Léopoldville aux Grand Lacs, et ses affluents sont parcourus par la seule flottille commerciale de l'Etat, alors que la nôtre, répartie entre l'importante Compagnie des Messageries fluviales, d'autres Sociétés et des particuliers, doit assurer en même temps les communications avec les bassins de l'Alima, de l'Oubangui, de la Sanga, et d'autres, secondaires, où les conditions de la navigation sont moins aisées.
Sur le quai, le va-et-vient des locomotives et des wagons, le mouvement des marchandises sous les halls complètent cette impression a d'usine » dont les Belges se font, à Fencontre de mon interlocuteur de Brazzaville, un titre de fierté légitime. Souhaitons à notre pays le jour bien lointain, sinon improbable, hélas ! où ses colonies seront devenues une suite d'usines et de champs...
Sous la conduite du très aimable commissaire Herr, accompagné de quelques personnalités.