‹ Dans notre empire noirChapitre 12 sur 14 · LÉOPOLDVILLE I · texte numérisé non relu

LÉOPOLDVILLE I

en réguliers d'allure si militaire, ont accompli là un tour de force ; facilité, il faut le dire, par Tusage réglementaire du fouet. Ces officiers ne sont pas exclusivement belges, à beaucoup près. Ce sont des amoureux du métier et des aventures appartenant à toutes les armées d'Europe, et qui sont venus satisfaire au Congo leurs goûts et leurs désirs d'un sort plus large que celui à eux réservé par la monotone vie de garnison européenne. La reprise de l'Etat Libre par la Belgique aboutira, évidemment, à une nationalisation de plus en plus accentuée de ce corps, tempérée par le respect nécessaire des droits particuliers acquis.

Le même soir, le Campanar nous ramène à Brazzaville. Le temps est calme, lourd. Surnotre droite, uneligne de brisantsponctuée nettement; au loin, on voit le fleuve s'élever en lames jaunâtres. C'est le point de départ du goufîre oii, de 300 mètres de haut, le fleuve tombe en une suite demonstrueux rapidesjusqu'à Matadi. Par quelle erreur Léopoldville, née sous l'impulsion d'une volonté récente, a-t-elle été construite en la zone d'attirance de ce courant formidable ?

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Dans le choix de cet emplacement, réside une erreur évidente, qui pèsera lourdement et toujours sur l'avenir de ce centre, dont les Belges comptent bien faire la Métropole de leur Empire congolais, et en faveur duquel ils ont consenti déjà de si lourds sacrifices.

La preuve de cette erreur n'est plus à faire. Elle est faite. Des catastrophes se sont produites. Il y a quelques mois, un steamer, par imprudence, du reste, fut entraîné. Le capitaine, lorsqu'il se vit perdu, salua la terre de trois coups de sirène, et fut englouti avec son navire, dont jamais une épave n'a reparu.

D'autres catastrophes menaceront toujours, sans remède possible. Les Belges le savent. Aussi, quand j'appelais le Campanar un yachtremorqueur, est-ce parce que ce navire doit se tenir constamment sous pression, prêt à porter secours aux bateaux en danger ?

L'erreur est d'autant plus inexplicable que, à peu de kilomètres de là, en amont, Kinchassa, où se trouvent les ateliers du railway, offrait un port naturel juste en face Brazzaville, qu'elle dessert.

J'ai cherché à connaître la raison de ce « loup» formidable.

« On avait commencé là, me fut-il répondu, et

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