‹ Dans Paris, la grand'ville.Chapitre 14 sur 48 · LES DECORES SANS LE SAVOIR · texte numérisé non relu

LES DECORES SANS LE SAVOIR

19 octobre.

J'ai reçu une lettre, et une bonne lettre et par la poste !

Que de jaloux je dois faire I

Et je ne suis pas content.

Lisez, et vous comprendrez pourquoi :

¥ Orange, 10 octobre.

(Hôpital).

« Bien cher ami,

« Merci de votre télégramme qui m'a annoncé, ou plutôt fait deviner, que j'avais le ruban rouge.

« J'ai eu, en Lorraine, au nord de Château- Salins, l'épaule gauche traversée par un

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éclat d'obus. Malheureusement, les nerfs moteurs du bras ont été atteints. Le bras est paralysé ; je soufTre sans répit. Je puis à peine écrire. Je dors sous l'influence de la morphine.

« Le plus triste, c'est que je vais peut-être passer à l'hôpital les mois de la campagne contre les Barbares.

« Je ne sais où est Nolly, ni ce qu'il a.

« A. Droin. »

Je n'insisterai pas sur le talent ni la bravoure de l'auteur du Sang sur la mosquée, que son préfacier, le général Lyautey, nous a montré disant ses vers « sous le canon, sous les balles », dans Fez investi, pas plus que sur l'extrême modestie de notre ami.

Reprenons seulement la première phrase du billet. 11 a fallu un télégramme privé, quinze jours ou trois semaines après la promotion, pour qu'un blessé au champ d'honneur fût avisé que son héroïsme n'était pas demeuré sans récompense.

J'imagine que, malgré toutes les diffîcul-

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tés, l'information pourrait être directe et plus rapide.

La croix conquise au feu, c'est la lueur de l'immortalité. Ce peut être le réconfort suprême au chevet d'un malade. C'est bien d'inscrire la mention de gloire à VOfficiel. Mais VOfficiel arrive peu aux blessés, évacués de ville en ville, — et il y a les morts, qui ne lisent pas du tout \ Officiel l

Ajalbert.

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