‹ Dans Paris, la grand'ville.Chapitre 16 sur 48 · CHACUN SON MÉTIER · texte numérisé non relu

CHACUN SON MÉTIER

Enfin, prenant une pause :

— « Excusez, Monsieur... Je n'ai pas lu de journaux depuis trois jours... Nous n'avons pas de temps à perdre... Qu'est-ce qui se passe à la guerre ? Vous comprenez, moi, je ne m'occupe que de mon affaire... »

Il n'y aura pas que la censure pour approuver un tel langage, — dont nous devons tous goûter le sublime obscur...

Oui, chacun son jardin, que les vaches soient bien gardées, et c'est un moyen comme un autre de nous hausser vers les héros qui combattent, — que de leur préparer de bonnes munitions de bouche...

LES EMBUSQUES

L'autre matin, aux Champs-Elysées, un groupe attire l'attention. Un grand jeune soldat, tout de neuf vêtu, mais de l'ancien uniforme, capote bleue, pantalon garance, est nonchalamment assis sur un banc, le coude sur la traverse, une jambe sur l'autre, à la main un bouquet de violettes, — tout ça n'est rien: mais un essaim de midinettes autour de lui...

— « Pendant que les copains sont dans les tranchées, Sur le bi... sur le bout, sur le bi du bout du banc, fredonne un loustic en clignant de l'œil, au passage...

Ahl le jovial, l'admirable gaillard qui savoure ce premier matin du printemps, tout astiqué et reluisant 1

Je n'oublierai de ma vie son regard vers

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