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LA GRANDE MUETTE

a 9 octobre.

La grande Muette I

Cette expression me tombe de la plume, pourquoi ? Sans doute, à cause de l'immense silence où des millions et des millions d'êtres tendent l'oreille, retiennent leur souffle, pour entendre le battement de leur cœur unanime, suspendu dans la poitrine des armées.

Excusez la phrase baroque. Mais nous parlons un langage nouveau, dont le raccourci est peu varié, mais combien significatif I Le frontf — quelques lettres auxquelles va toute la fièvre nationale. C'est le mot qui se répète à chaque Communiqué , — le front de la civilisation, où viennent buter tous les assauts de la barbarie teutonne. Le front et les ailes.

go DANS PARIS, LA GRAND VILLE...

que tout cela ait tenu en place contre la fureur ennemie, et nous voilà de plus en plus confiants. Que nous ayons progressé, si légèrement que ce soit, et notre sang ne fait qu'un tour. Nous serons apaisés pour quelques heures.

La grande Muette, c'était l'armée, par définition, hier encore; de toujours, elle avait mérité son nom. Pourtant, il lui arrivait de sortir de son mutisme. Il se produisait que, dans les heurts politiques, quelques grands chefs, qui parlaient bien, parlaient trop, selon l'énergique expression de Gallifet. i\ujourd'hui, des généraux aux soldats, tous se taisent, comme un pacte sacré de ne pas détourner un souffle d'eux-mêmes, avant qu'elle soit achevée de l'œuvre surhumaine où toutes leurs forces sont tendues. Bientôt, espéronsle, tant de lèvres closes se descelleront pour nous dire le prodigieux poème des cruelles étapes, les chants douloureux et merveilleux de la victoire.

Tout de même, la Grande Muette, par ces semaines de formidable, d'incessante an-

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