‹ Dante AlighieriChapitre 18 sur 28 · LA VITA NUOVA · texte numérisé non relu

LA VITA NUOVA

des caractères de la vie politique qu'il aurait menée, ou de la vie passionnelle qui lui a été attribuée, soit par ses premiers biographes, soit par la tradition, dont Tauthenticité ne soit encore contestée ou par des critiques sérieuses, ou par des partis pris d'apparence toute systématique. C'est donc à ses œuvres elles-mêmes qu'il faut s'adresser si l'on veut chercher à reconstruire l'homme qu'il était, ce qui est en réalité plus intéressant encore que les circonstances mêmes d'une existence aussi troublée que la sienne.

Un critique aussi profond que sagace, M. Brunetière, dans une de ses brillantes conférences sur la poésie lyrique au xix' siècle, dit à propos des Byron, des Goethe, des Lamartine et des Hugo : « Leur poésie... porte l'empreinte ineffaçable de leur génie particulier, en ce qu'elle est ré-

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vélatrice pour nous du plus intime et du plus profond d'eux-mêmes. Elle nous renseigne non seulement sur ce qu'ils ont pensé de l'amour, de la nature et de la mort, maïs sur les lieux où ils ont vécu, sur les impressions qu'ils y ont éprouvées, sur leurs goûts, au besoin sur leurs vices mêmes. Ce sont des aveux, ce sont des confessions*. »

C'est tout cela que nous retrouvons dans la Divine Comédie. S'il est une œuvre dont la présence de son créateur ne puisse se détacher un instant, c'est bien celle-ci. Il ne s'en absente pas d'un vers, il en est le héros. C'est pour lui que tout le monde céleste, depuis les gouffres de l'Enfer jusqu'au sommet du Purgatoire et jusqu'aux plus sublimes profondeurs de l'Empirée,

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