‹ Dante AlighieriChapitre 6 sur 28 · BÉATRICE · texte numérisé non relu

BÉATRICE

assez loin son origine, mais ne possédait qu'une fortune médiocre. Son éducation fut des plus soignées.

En 1274, il avait alors neuf ans, il rencontra, dans une fête privée où son père l'avait amené, une enfant de huit ans, du nom de Béatrice Portinari, dont son imagination et son cœur précoces furent si vivement frappés qu'il lui adressa le jour même ses premiers vers, et que son image ne put désormais se détacher de lui.

Il ne la revit que neuf ans après, en i 283.

Il la rencontra dans la rue, en compagnie de deux dames, et lui adressa un salut auquel elle répondit gracieusement. Envahi d'une émotion profonde, il rentra chez lui; puis, saisi d'un sommeil invincible, il eut une vision et, aussitôt réveillé, il écrivit un sonnet où il dépeignait son rêve. Depuis

lors, il ne paraît avoir eu avec elle que des rapports de société.

Béatrice se maria peu d'années après, et mourut en 1290.

Dante, inconsolable d'abord, épousa l'année suivante Gemma di Manetto Donati, sur les instances de sa famille, inquiète du chagrin dans lequel il était resté plongé. Elle lui donna sept enfants : cinq garçons et deux filles *.

Telle est la simple histoire, traditionnelle

1. De ses cinq fils, trois moururent dans leur enfance. Les deux aînés paraissent avoir été des hommes assez distingués, Tun d'eux dans les offices publics et Tautre dans les lettres. L'une de ses filles se fit religieuse ; l'autre épousa un Pantaleoni. Gemma Donati survécut à son mari. La descendance de Pietro, le fils aîné de Dante, son frère n'ayant pas eu d'enfant, s'éteignit dans la personne d'une femme, nommée Ginevra, qui s'était mariée à Vérone, en i 549, avec le comte SeregodiVerona*. — M. Jeanroy^

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