‹ Dante AlighieriChapitre 8 sur 28 · EXIL · texte numérisé non relu

EXIL

ment inflexibles. « Il était guelfe par tradition et par souvenir, dit M. Bartoli ; il était gibelin par dédain, par colère, par désir de vengeance. »

Ce qui nous intéresse davantage, c'est ce que nous savons, sinon par le menu, du moins dans son ensemble, de la vie menée par TAlighieri depuis son exil, dont il ne devait pas voir la fin, jusqu'à sa mort, c'est-à-dire depuis sa trentesixième jusqu'à sa cinquante-sixième année, de 1301 à 1321.

L'exil de Dante fut donc définitif. Il ne revit jamais la cité où s'était déroulé le premier roman de sa jeunesse précoce, et

OÙ il aurait pu consacrer au bien public sa grande intelligence et ses hautes vertus.

Exil plusieurs fois confirmé, confiscation de sa modeste fortune, condamnation deux fois répétée à être brûlé vif, tels furent les effet des haines qu^il avait laissées dans tous les partis, tel fut le mépris de cette démocratie pour la gloire que, vivant encore, il eût pu déjà déverser sur son ingrate patrie.

Il est vrai qu'en 1316 une amnistie générale aurait pu lui permettre de rentrer finir ses jours à Florence ; mais il fallait la payer d'actes humiliants auxquels sa juste fierté ne pouvait s'abaisser.

Une obscurité relative règne sur l'existence errante et précaire qu'il dut mener pendant cette longue période de vingt années. Ce fut bien une vie errante, par les villes, les châteaux, les monastères, et

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