SCÈNE II
BRUNETTO, GülDO„ DANTE.
DANTE
Comme cette forêt était sombre et sauvage ! . '
Comme l’Arno gonflé surmontait le rivage !
Comme, plus loin, les prés étaient verts et joyeux.
Et comme le soleil éblouissait mes yeux!
— De même, ô Béatrix, serait sombre ma vie,
Ainsi mon cœur gonflé si tu m’étais ravie !
Mais, quand tu m’apparais dans ton chaste maintien, Ainsi mon front s’éclaire en approchant du tien !
GUioo, s’ avançât m riant.
Mais, mon cher, tu n’es pas comme les autres hommes !
DANTE, vivement.
On m’écoutait! — Guido, pardon!
GVIDO.
Quoi ! nous en sommes
Encor là! Mais, mon cher, un amour si discret Ne peut gagner à croître ainsi dans le secret.
Soupirer dans les bois est une chose douce;
Cependant je préfère, en marchant sur la mousse. Suivre deux petits pieds que de marcher tout seul!
C’est ainsi que pensait Horace, notre aïèul.
Quel poète! Il chanta, digne de sa fortune.
Vingt maîtresses, je crois....
Et Virgile?
GITDO.
Pas une.
DANTE
Crois-moi, Guido : l’amour comme tu le comprends Peut faire les heureux, mais ne fait pas les grands; L’amour, c’est le respect. Voilà tout ce qui dure. La racine survit toujours à la verdure!
Pourquoi cet air vainqueur qu’on te voit affecter? Soyons respectueux, car c’est nous respecter!