‹ Dante hérétiqueChapitre 10 sur 37 · TU · texte numérisé non relu

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comme hérétique était non-seulement proscrit par les lois civiles et ecclésiastiques, mais déclaré infâme et dépouillé de ses biens, ses débiteurs étaient quittes envers lui, la maison qui lui avait servi d'asile était rasée, ceux qui l'avaient assisté ou caché étaient déchus de leurs titres, charges, emplois ou dignités, et la redoutable Inquisition veillait à l'exécution des sacrés canons. Il y avait donc un immense danger à les braver , sans aucune utilité immédiate pour ceux qui en auraient eu l'audace (1) ; c'était courir volontairement au bûcher, assurer sa ruine et celle de ses proches. Toutes les âmes ne sont pas assez fortement trempées pour chercher le martyre de gaieté de cœur et, seule, la foi véritable donne le courage qui fait les vrais martyrs.

On peut voir dans le docte ouvrage de M. Matter, intitulé Histoire critique du gnosticisme, combien les premiers hérésiarques tenaient à ne pas se séparer de l'Église et à passer pour chrétiens lorsqu'ils n'en avaient en réahté que le nom. Leurs sectes , si nombreuses , constituaient autant d'écoles synchrétiques où la philosophie et l'érudition la plus variée et la plus subtile s'alliaient à la théosophie : laissant de côté la spéculation , elles s'attachaient surtout à la tradition , se transmettaient ainsi les doctrines et les préceptes de sanctuaire à sanctuaire : aussi le nom de chaîne d'or fut-il donné aux maîtres chargés d'instruire les générations successives.

Ces gnostiques , enfants de la lumière , regardaient en pitié les enfanis du monde. Possesseurs , selon eux , de toutes les richesses intellectuelles des générations primitives, éclairés par une tradition, une intuition, une révélation et des écrits particuliers, leur prétention était d'enseigner mieux que les chrétiens apostoliques, ne possédant que des écrits et des doctrines altérées par l'impéritie de leurs chefs. Mais cet enseignement, ils ne le donnaient qu'à la suite d'épreuves et par l'initiation. Dans presque toutes leurs sectes, les élus ou pneumatiques étaient séparés du vulgaire et des psychiques. Ainsi , saint Irenée affirme que les basilidiens communiquaient leurs doctrines

(1) Une ordonnance de saint Louis, en 1228, promet deux marcs d'argent à quiconque dénoncera un hérétique, et condamne à la perte de tous ses biens quiconque l'aura défendu ou caclié, prononçant en outre l'incapacité de tester et de prêter témoignage, ainsi que la déchéance de toutes fonctions et dignités.

par grades, et que tous ne connaissaient pas les mystères de leur secte, \ qu'à peine, sur mille, il y en avait un d'initié, et, tout au plus, deux sur i dix raille (1). Basilide éprouvait ses disciples par cinq années de silence , et le valentinien 3Iarcus s'était emparé de la doctrine mystique des nombres de Pytliagore. Tous se distinguaient , du reste, en aspirants et en initiés, ayant leurs symboles, leurs signes et leur langage, en parfaits et imparfaits (2).

Les sectateurs de Basilide , qui vivait dans le V" siècle de notre I ère, voulaient bien , à l'exemple du Nous^ qui s'était égalé aux liomi mes, s'abaisser jusqu'à eux, les étudier et les connaître, mais sans se laisser pénétrer ou connaître par eux. C'était là pour eux non pas une opinion, mais une théorie, que leur rappelait cette sentence solennelle : Tu connaîtras tous les autres et personne ne doit te connaître toi-même (3). S'autorisant de cette maxime, ils cachaient et reniaient leurs croyances, non-seulement comme chrétiens, mais comme basilidiens, et se dérobaient au martyre en s'appuyant sur l'exemple du Sauveur , qui , selon eux , s'était dérobé à la mort sur la croix. A leur avis, ceux qui aspiraient aux palmes des confesseurs étaient des hommes remplis de préjugés (4). La même règle de conduite était adoptée vers la fin du iv^ siècle par les disciples de Priscillien, dont la doctrine se composait de manichéisme et de gnosticisme. Condamnés par deux conciles (5) et poursuivis à outrance , ils se hèrent plus étroitement, se réunirent avec plus de mystère et établirent pour maxime, qu'il valait mieux jurer et se parjurer c/iie de livrer ses secrets aux persécuteurs (6). Ils ne faisaient en cela qu'imiter l'exemple de Manès lui-même.

Au ix^ siècle, Photius, patriarche grec de Constantiuople, nous apprend que les pauhciens, autre secte manichéenne, changeaient jusqu'à leur nom^ et donnaient à leurs conciliabules celui des églises de l'Apocalypse. Bien plus, qu'ils attribuaient aux paroles de l'Évangile une acception toute différente du sens réel : lUis sensus attribuit

(1) Ireuîeus, Jdv. hœres., lib. i, c. 23.

(2) Eusebe, Histoire ecclésiastique, lY, c. 7,

(3) Irenœus, — Epiph., Hœres., xxrv, § 5. — (4) IbiJ.j i, 23. (o) ^\. Sarragosse, 3S0; à Bordeaux, 385.

(6) Matler, Histoire critique du gnosticisme, t. I, p. 386.

et accommodavit quitus nulla sacra verba convenient. Or, c'est véritablement là tout le système du langage conventionnel, dans quelque association secrète que ce soit, et Dante n'en a pas suivi d'autre.

Ces pauliciens appelaient romains les chrétiens , en s'arrogeant exclusivement le nom de hrétiens (1).

Leurs conventicules èid\çx\\.V Eglise catholique; pour eux, entendre l'Évangile, c'était recevoir le baptême; parce que Jésus-Christ a dit: Je suis Feau vivo. Les mots de Père, Ifils et Saint-Esprit n'étaient pas employés par eux dans le sens de TÉglise ; la sainte Mère de Dieu, en qui ils disaient croire , était la Jérusalem céleste, et les paroles du Sauveur étant, pour eux , son corps et son sang, ils prétendaient communier sans la consécration du pain et du vin ; enfin ils disaient adorer la croix, le Christ étant lui-même la croix , « Ipse eninij inquiuntj maniis in figuram crucîs extendit^ » et leurs prêtres étaient le collège apostolique du Christ et de ses disciples (2).

Nous retrouvons le même système chez les bogomiles de Bulgarie, issus des manichéens et des pauliciens, « qui cum Pauliciani conseniiunt, » et d'où sont dérivés, au témoignage de tous les historiens, les bulgares, cathares ou patarins, du midi de la France et de l'Italie.

Le moine de Zigabène, leur contemporain, nous apprend qu'ils n'admettaient que sept livres de l'Écriture sainte , dont l'Apocalypse était comme le sceau : « La Sagesse , disent-ils , s'est élevé ellemême sa maison appuyée sur sept colonnes. Far qqXXq maisoii de la Sagesse, ils entendent leur synagogue, et par les colonnes, les sept livres. Si on les pousse à ce sujet d'avouer la vérité, ils ont recours au subterfuge, et se retranchent dans l'allégorie, ad allegoriam sese convertunt. Ils feignent de croire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, quand ils n'attribuent ces trois appellations qu'au Père, qu'ils croient i avoir la forme humaine. »

Grâce à leurs subterfuges allégoriques et à force de subtilités, ils étaient arrivés à un Credo qui ne différait en rien extérieurement de celui des catholiques. « Selon eux, la plus grande partie des hommes r

(1) Aussi Dante nous dit-il que Béatrice fut des chrétiens du xiii^ siècle.

(2) Dogmntica Panoplla Eutliyniii Monachi Zigabeni. Trad. par Zeno , t. II, p. 47 et siiiv. Venise, 1555.

j est sous l'empire du démon, le petit nombre seulement est du côté du Père, et ceux-là montent au rang des anges , in angeioriim ordiil neinascendisse. » Ces hommes, qui devenaient anges de leur vivant, j préteniion de tous les mystiques jusqu'à Swedenborg, appartenaient ; nécessairement à leur secte. « lis appellent leur synagogue Bethléem, dans laquelle naît le Christ ou le Verbe de Dieu, et donnent le nom à'Hérode à la nôtre, qui s'efforce de tuer le Verbe, 7îé parmi eux. » Nous verrons dans la Comédie des antithèses allégoriques en rapport parfait avec celle-là ; et Babylone en opposition constante avec Jérusalem.

A mesure que l'initié montait en grade dans cette secte, il apprenait à voir en lui le Christ. La marche de leur enseignement rappelle d'une manière frappante celle des Ismaélites ou Haschischins, ce qui nous reporte aux Templiers. Nous nous bornerons à la résumer avec le moine de Zigabène : « Omnia denique bona prœcipiiint, utilique doctrina pelliciunt ; paidatim venantur et ad interitum trakunt ; lemporis enim progressu tritico zizania injiciunt. Et lorsqu'ils ont fait de leurs malheureux disciples des sujets obéissants, qu'ils les tiennent dans leurs filets, alors ils leur versent le poison et leur livrent les mystères diaboliques. » S'appliquant à pervertir le sens des mots dans les sept livres adoptés par eux , « tout ce qui s'y trouve dit contre les pécheurs, les impies, les idolâtres, est, à les en croire, proféré contre nous, cathoUques; ils s'appliquent, en revanche, tout ce qui y est dit des amis de Dieu, se considérant comme les seuls justes, les

élus et les héritiers du royaume du Ciel Seuls ils sont les pauvres

d'esprit, ayant soif de justice ; ils sont le seiche la terre et la lumière du monde; enfin tout ce que le Christ a dit des Apôtres. »

Selon eux, il y a un sens arcane dans ces mots : « Omnis carnis c/ui demiserit uxorein, excepta fornicationis causa, etc. , sens qui ne peut être compris que par ceux qui ont dépouillé la chair. » C'est évidemment une figure dont le bon moine ne se doute pas, c'est-àdire l'union de l'âme et du corps, avec lequel celle-ci doit rompre, pour arriver à l'intelligence des plus hautes vérités, comme il arrive dans toutes les initiations, et cette figure nous donne la clef de celle qui suit.

« Ils disentque tous les leurs, chez qui habite le Saint-Esprit, sont les géniteurs de Dieu, devant être appelés ainsi, attendu qu'ils con-

çoivGiUle Verbe de Dieu, et in utero gérant, atque eiiam pariant, dum alios docent (l), et nihil ampliiis qiiam ipsi kabeant liabere primam illam genitricem. Ils nient qu'ils aient à mourir, prétendant qu'ils sont seulement transmués, comme en songe , et qu'ils dépouillent, sans peine ni douleur, ce vêtement de fange, pour revêtir la tunique immortelle et divine du Christ , en reprenant le rnême corps et la même figure , pour s'élancer, précédés par les anges et les apôtres, vers le royaume du Père, tandis que le corps, qu'ils ont dépouillé, se dissout en poussière. »

Mais gardons-nous de croire qu'ils dépouillassent ainsi leur corps sans douleur, car le moine de Zigabène, comprenant peu l'allégorie, affirme avoir vu brûler un de leurs chefs, qui « non-seulement versait des larmes en abondance, mais poussait même des cris perçants. » Ce malheureux ne s'était pas conformé, sans doute, avec assez d'habileté et de prudence aux préceptes de sa secte , que nous trouvons ainsi formulés dans cette même panoplie dogmatique.

« Ils affirment que cette parole du Seigneur est tracée dans les Évangiles : « Cherchez à vous procurer sûreté par tous les moyens; i omniratione saluti vestrœ consulite , c'est-à-dire efforcez-vous, en simidant par tout l'art et toute la ruse possible la foi de ceux qui , vous oppriment, omne arte et dolo simidantes fidem eorum, de vous sauver du péril de la mort. ,Quoi qu'ils vous disent, faites-le avec simu- ' lation, mais ne veuillez le faire en vérité, selon leur manière d'agir \ secundum opéra eorum. En effet, le Seigneur lui-même s'exprimait r ouvertement avec ses disciples, tandis qu'il s'adressait aux incrédules en paraboles ; il faut donc que les incrédules, abusés par l'apparence extérieure de la simulation, simulationis speciem intuentes, ne voient pîisce qui est caché dans nos cœurs, et n'entendent pas en écoutant, audientes non audiant, car ils appellent pa^^a^o/É" le dol et la dissimulation. » La Vie Nouvelle, on vient de le voir, et la Comédie, on le [ verra bientôt, n'offrent en réalité qu'un assemblage de paraboles et la mise en pratique de ces préceptes dictés par la terreur.

Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur le vocabulaire de ces ' hérétiques d'où dérivèrent ceux de la Provence et de l'Italie. « Ils interprètent ainsi ces paroles, œil pour œil, dent pour dent : les

(1) Pétrarque nous montre ainsi sa Laure mourant ^ parlubiis exhausta.

l/eux sont les deux lois mosaïques et évangéliques. » De là la signicatioii que Dante attribue lui-même, dans le Convito , aux yeux de sa Béatrice-Philosophie qui sont , dit-il , ses démonstrations , ses enseignements : « Les dents sont les deux voies , l'une large, l'autre étroite, iatam et arctam. Dans ces mots : Quand tu pries ^ entre dans ta chambre; par chambre, ils entendent l'esprit j> pro cubicido mentem intelligunt. » Ce qui nous explique ces chambres dans les quelles les esprits de Dante lui parlent, en latin , de la dame de son esprit, et celle où il se retirait pour pleurer et s'entretenir avec l'amour.

Comme les pauliciens « adoptaient l'habit monacal » afm d'échapper plus facilement au soupçon et de se réunir sans être inquiétés, ils s'appliquaient ces paroles de l'Évangile , Voyez les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent; « en effet, ils appellent oiseaux du ck\, volatilia cœli, les moines qui habitent dans les colonnes, qui in columnas degunt. » Et ces colonnes sont les sept livres admis par eux.

Nous ne citerons rien de ce cjui touche au dogme, pour ne pas tomber nous-méme dans l'hérésie en la signalant Nous bornant à dire que, pour ces sectaires, tout le mystère de la Conception se réduisait à une allégorie, comme la plus grande partie des mystères du Christianisme. Mais il est assez remarquable que, selon eux, le Sauveur, après avoir plongé l'ange rebelle, desertorem, dans le ïartare, « retrancha de son nom la syllabe EL, qui est angélique, et ne lui permit plus de s'appeler Satanael, mais seulement Satan. » Nous retrouvons en effet ce monosyllabe dans la Comédie et dans le Banquet , où il est l'objet d'une assez longue discussion.

« Honorez les A^mon^ , démo nia colite , disaient-ils , non afin qu'ils vous fassent du bien , mais afin qu'ils ne vous fassent pas de mal , affirmant que c'était la parole de Dieu dans leurs Évangiles. Ce qu'ils expliquaient ainsi : Il faut honorer les démons qui habitent dans les temples édifiés de main d'homme , in templis manufactis (ou comprend qu'il s'agit ici du clergé orthodoxe), de peur qu'ils ne s'irritent et ne perdent ceux qui refuseraient de le faire, car ils ont une grande et invincible force pour nuire , h laquelle ni le Christ luimême ni le Saint-Esprit ne sauraient résister. »

« Ils appellent la communion du corps et du sang de Notre-Seigneur, le sacrifice des démons qui habitent les temples , citant, en

témoignage ces paroles du prophète Isaïe : Qui paravcrunt mensam FORTUNiE el demonii poculum implevcriint, etc.; et l'on verra Dan le désigner tour à tour le souverain pontife, sous le nom de Fortune , de Dis, de Plutus ou Pluton. « Pour eux, le Pater était le pain delà communion, le calice était le Nouveau Testament, tous deux réunis, la cène mystique; les miracles, les pas du Christ; les Évangiles, le souffle de ses lèvres ; l'arche ou grenier, aream , les chrétiens de diverses croyances; eux, le froment; les orthodoxes, la paille; leur doctrine, le vin nouveau ; ceux qui les rejettent , les vieilles outres ; ceux qui les adoptent, les outres nouvelles. »

« Ne livrez pas^ disent-ils , le saint aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux : appelant saint la partie la plus simple de la foi qu'ils professent, et perles , ce qu'elle renferme de plus caché et d'une erreur plus raffinée; chiens et pourceaux, les hommes pieux de notre foi, comme s'ils étaient des idolâtres. Ils considèrent d'abord comme des chiens et des pourceaux ceux qui viennent à eux, puis, lorsqu'ils ont avancé peu à peu et sont devenus plus parfaits, ils lui livrent le saint et les perles ». C'est-à-dire qu'ils leur expliquaient le fond de leur doctrine en lui donnant la clef de leur langage mystérieux.

Nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que, dans les initiations de ces sectaires, le néophyte devenait la Vierge, concevant et enfantant par l'oreille ; mythe dans lequel l'homme changeait de sexe et devenait la dame mystique ou dame de l'esprit , l'âme ellemême, dont la conception et l'enfantement ne consistent en réalité qu'à entendre d'abord l'exposition du mystère , puis son explication. Ce jargon bizarre que nous avons vu reproduire dans la Vie Nouvelle se rapporte , du reste , à ce que rapporte le patriarche Photius des manichéens du ix® siècle , disant : « Nous croyons à la sainte Mère de Dieu, dans laquelle est entré le Seigneur et de laquelle il est sorti, lorsqu'ils entendaient par ces mots la Jérusalem céleste. » En effet , la Jérusalem céleste et la vierge Marie sont dans cette langue des termes synonymes pour exprimer l'ensemble des croyants ou l'église sectaire.

Ces citations pourraient être multipliées à l'infini ; mais c'en est assez, sans doute, pour établir incontestablement que, dès le commen cernent de l'ère chrétienne , ceux qui étaient en dehors de l'Église

ortliodoxc, rcdiiils à dissimuler leur croyance , avaient fini par se faire un précepte de cette dissimulation, et l'avaient mise en pratique, au moyen de l'initiation et de tout ce qui s'y rattache, notamment l'adoption d'un langage particulier. Dante, affilié évidemment à l'une de ces sectes, ne fit donc que suivre la voie qui lui était tracée par ses prédécesseurs, et dont ses successeurs se gardèrent bien de s'écarter; uon par défaut de courage, sans doute, car il en fallait beaucoup encore pour braver, même en le trompant, un pouvoir qui faisait trembler les rois, et pour oser l'attac^uer couvert de ses propres armes; mais parce que, n'ayant i)as d'aulre machine de guerre à sa disposition , sa croyance lui disait de s'en servir, et que le salut devenait à ses yeux la loi suprême.

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