Voir ci-après, III® partie, ch. II, § II
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rable? Nous n'en saurons jamais rien ; nous ignorons même si elle était en latin ou en italien. Il est plus facile de supposer ce qu'elle n'était pas : elle n'avait sans doute que peu de points communs avec les sept premiers chants de l'Enfer tels que nous les connaissons. Il y a des accents que Dante ne pouvait pas trouver avant l'épreuve décisive que fut pour lui l'exil ; on a souvent dit, avec force, que cette blessure, jamais cicatrisée, élargit décidément son génie ^ La vision du mal triomphant dans le monde entier, qui inspire tout l'Enfer, est une des idées qu'il ne put concevoir avec cette plénitude avant d'avoir fait personnellement l'expérience de la méchanceté des hommes.
Il y a donc lieu d'admettre, sauf preuve du contraire, que Dante travailla entre 1304 et 1308 à l'Enfer, et que la passion avec laquelle il s'attacha peu à peu à cette œuvre lui fit abandonner les traités d'un genre différent qu'il avait commencés vers la même époque.
Cependant, de 1308 à 1310, un événement considérable et paradoxal suscita dans le cœur de Dante les plus grandes espérances : un nouvel empereur était élu, qui, loin de se contenter d'être un souverain germanique, annonçait l'intention de venir à Kome recevoir la couronne impériale, et de restituer toute son autorité et son lustre à la cité-reine, à la capitale du monde. Depuis la mort de Frédéric II, et l'écrasement de ses successeurs, Manfred et Conradin, par