Op. cit., t. II, p. 127 ot suiv
fondée, d'après l'Éthique d'Aristote, sur les trois mauvaises dispositions de l'âme humaine (p. 243), et si, comme il est logique de l'admettre, les trois faces et les trois paires d'ailes de Lucifer (voy. p. 253) correspondent à ces << trois dispositions que réprouve le ciel >> (1, XI, 81)^, on peut supposer sans imprudence que les trois obstacles rencontrés dès le premier chant se rattachent à cette classification. Il ne s'agirait donc pas de péchés proprement dits, mais de dispositions, inhérentes à la nature humaine, et qui sont des aptitudes à pécher. La plus redoutable, la méchanceté, l'amour du mal servi par la réflexion et l'adresse, serait figurée par le lynx, souple et félin^, à l'aspect séduisant, dont le poète espère être en mesure de triompher aisément, car une âme éprise de perfection morale, et déjà sur la voie de la conversion, se sent forte contre toute idée de trahison, de vol ou de mensonge. La méchanceté bestiale, c'est-à-dire l'amour du mal pratiqué à la manière des brutes, sans l'intervention de la raison, convient fort bien au lion ; la part de la louve serait donc 1' << incontinence >>, c'est-à-dire la pratique du mal qui résulte d'une simple faiblesse, d'une impuissance à résister à la tentation. Cette disposition, qui n'implique pas la volonté consciente de désobéir à Dieu, est la moins détestable, mais eUe est