Cf. Flamini, t. II, p. 28 et suiv
naissance? Le sens allégorique de ces quatre étoiles, qui éclairent le front de Caton d'un éclat aussi vif que celui du soleil, ne saurait être douteux, et Dante le dit lui-même plus loin (2, XXXI, 106) : ce sont les quatre vertus cardinales. Mais l'allégorie est-elle purement fictive, ou repose-t-elle sur un fait réel? Peut-on résolument exclure que, parmi ce peuple d'Italie où les hardis navigateurs, où les explorateurs audacieux ne manquèrent jamais, il ait existé une tradition relative à cette belle constellation que l'on aperçoit seulement quand on approche de l'Equateur ? Le fait est que les trois étoiles, dont l'éclat attire les regards du poète au crépuscule suivant (2, VIII, 89-90), et qui symbolisent les vertus théologales, peuvent difficilement ne pas correspondre à des constellations véritables, étant de celles que l'on découvre de notre hémisphère ; de la part d'un esprit aussi soucieux de précision astronomique, l'idée d'une << pure allégorie » est ici très choquante.
Le soleil, dont les rayons << servent aux hommes de guides infaillibles par tout chemin >> (1, I, 18), s'interprète aisément comme exprimant l'amour du souverain bien, qui conduit les hommes vers Dieu^ ; et le fait qu'il éclaire la montagne du Purgatoire constitue une allégorie transparente, surtout par opposition aux ténèbres qui emplissent la cavité infernale ; ainsi s'explique encore allégoriquement cette « loi du Purgatoire >>, en vertu de laquelle, pendant la nuit, il est interdit de faire un pas en avant dans la voie de la sainteté. Pour ce motif, Dante et Virgile, conduits par Sordel, passent la première nuit de leur ascension dans la vallée fleurie des princes, et là, un spectacle