I.A VIE > or V l-l.l. K
Et je vous parlerai de sa perfection Avec humilité, sans espérer l’atteindre,
Car ce doux entretien doit rester entre nous.
Et je n'en veux parler à nul autre qu’à vous.
Un ange à Dieu porta la prière suivante :
« Seigneur, on voit au monde un être merveilleux.
Et l'àme qui l’anime est si resplendissante.
Que son éclat rayonne et monte jusqu'aux deux...
Elle seule, elle manque à notre compagnie.
Et le ciel, qui le sait, la demande au Seigneur Comme un gage nouveau de sa grâce infinie. »
Us parlaient de ma dame, hélas! mais par t>onheur Dieu prit, en répondant, conseil de sa tendresse :
« Enfants, souffrez, dit-il, que l’objet de vos voeux Reste encore en ce monde, où sa vie intéresse Un cœur qui de sa mort serait trop malheureux.
Je veux que, dans l’enfer, il dise aux mauvais anges :
« J'ai retardé l’espoir des divines phalanges. »
On l’attend donc là-haut, le ciel en est jaloux.
Tel est de ses vertus le louchant témoignage !
Celle donc qui voudrait être belle entre vous.
Doit aller avec elle; Amour, à son passage,
Jette au cœur des méchants, soudain, un froid d’acier Qui glace et fait périr toute pensée; impure;
Et celui qui pourrait la voir un jour entier Mourrait ou deviendrait d'une noble nature;
Tout mortel assez digne, en un mot, de la voir Aura de sa vertu la juste récompense.
0ANTK.
Car ma Dame, en passant, le salue; ô pouvoir Qui dispose le cœur à l'oubli de l’offense!
0 céleste l>onlé qu’on ne peut trop bénir,
C>ui lui parle une fois ne saurait mal finir!
Amour se dit : Comment créature mortelle Peut-elle être si riche en grâce, en pureté....
Il la contemple, et croit que Dieu veut faire d’elle Un prodige nouveau pour notre humanité.
La perle, qui se forme au fond de l’onde pure.
Prête à son front charmant sa candide couleur;
Elle est tout ce que peut l’effort de la nature.
Et c’est de la beauté le modèle enchanteur!
Au pli de sa paupière un doux charme respire,
Et l’Amour tout-puissant y puise un feu vainqueur. Qui va frapper les yeux du mortel qui l’admire,
Et de là, sans obstacle, atteint jusqu’à son cœur; L’Amour enfin se peint sur sa douce figure.
Et nul ne peut la voir sans crainte et sans blessure.
O canzone! je sais que, prête à t’envoler.
Tu t’en iras bientôt vers noble compagnie;
Mais reçois mon avis avant de t'en aller;
Fille de mon amour, du Seigneur sois bénie!
Partout où tu seras, dis-leur en te nommant :
« Montrez-moi le chemin, je vais, en messagère. Vers celle dont l'éloge est mon seul ornement. » Mais, si tu te trouvais trop faible et trop légère,
Évite, au moins, les lieux qu’habitent les méchants. Ne te fais entrevoir qu’aux dames vertueuses