XI. II
Alfieri trouve que le style île ce sonnet rappelle les imupcs de la poésie orientale et les versets du C antique des Cantiques.
0 source de vertus! ô splendeur enflammée !
Noble âme, attraits divins, merveilleuse beauté! Asile de pudeur et de virginité!
Inébranlable tour au mal toujours fermée!
0 flamme! ô neige vive et de roses semée!
0 miroir de mes veux, vase de pureté !
0 délices d’amour qui m’avez emporté Vers celle dont le ciel garde la renommée !
J’aurais voulu porter son nom immaculé Jusqu’à ces bords lointains de l’antique Thulé,
De l'Olympe à l’Atlas, et du Nil jusqu’au Tage.
Mais puissé-je, du moins, sans relâche en mes vers, Le dire au beau pays que l’A|>ennin partage Et qu’entourent partout les Alpes et les mers.
PKTRAHVl K.
WAV.
DialuffUP <ie Pétrarque avec son âme, qui veut lui fairi' croire qu'il est
aime.
— Qu’en penses-tu, mon àrae? Aurons-nous, ou la paix, Ou quelque trêve, ou bien une éternelle guerre?
— Ce qu’on fera de nous, ce qu'on veut, je ne sais;
Mais à ses yeux, parfois, nos maux semblent déplaire.
— Qu’importe, si ses yeux ne nous laissent jamais Que brûler et trembler sous leur regard sévère?
— N’accuse que l’Amour, le sort et ses attraits.
— Qu’importe? elle sait tout et croit devoir se taire.
— Quand la bouche se tait, une voix dans le cœur Parle haut quelquefois, et, secs en apparence,
Ses yeux pleurent {Hiut-ètre, en secret, ta douleur.
— Je garde, malgré tout, mon doute et la souffrance Qui s’accumule en moi; l’honune, au sein du malheur, N’ose admettre, aussi vite, une telle espérance.
soxskts.
Il oimno ses soapirs u-r- Laure, ot il espère celte fois qu'elle n'y restera pas insensible.
Allez, soupirs brûlants, vers cette âme glacée;
Fondez par la pitié les neiges de ce cœur,
Et, si l'humble prière au ciel est exaucée,
La mort ou la merci finiront ma douleur.
Allez, faites-lui voir le fond de ma pensée Où n’ont pu pénétrer ses yeux dans leur rigueur;
Si sa fierté s’étonne et s’en trouve offensée,
Adieu mon espérance, adieu ma douce erreur î
Elle apprendra par vous «pie mon cœur, plein d’orage, Par le doute ou la crainte est bercé tour à tour,
Tandis que, toujours pur, le sien est sans nuage.
Rassurez-vous, allez, avec vous est l’Amour;
Si, dans l’état du ciel, je sais lire un présage,
Mon soleil, aujourd’hui, m’annonce un plus beau jour.
l'KTR ARyl'K.
lyuurc est mie créature céleste, et sa présence ne peut faire naître qu<
île notiles sentiments.
Les étoiles, les deux, les éléments divers S unirent pour former la belle créature Où, comme en un miroir, s’admire la nature,
Astre digne ici-bas d’éclairer l’univers.
Les regards des mortels, d’un nuage couverts,
Ne peuvent contempler cette beauté si pure,
Tant ses yeux, à l’entour, répandent, sans mesure, Amour, grâce et douceur dont s'inspirent mes vers.
Frappé par ses regards, l’air pur d’honneur s’enflamme l)e nul sentiment bas le cœur n’est combattu;
Tout respire l’amour, la paix et la vertu.
Où pourrait-on trouver, mieux que chez cette Dame,
La preuve «pie, devant la suprême beauté,
Tout vil désir s'éteint dans son indignité.
Il > «>it sadutne pleurer, ;t le* ciel ri la terre s'émeuvent de ses larmes.
En la voyant pleurer, les dieux et les héros,
Prêts à faire briller leur glaive et leur tonnerre, Auraient vu la pitié désarmer leur colère Et donner aux humains un instant de repos.
Oui, ma Dame pleurait, et l’auteur de mes maux, L’Amour, pleurait aussi; leur plainte était amère, Et ce chagrin nouveau redoublait ma misère Et me faisait souffrir dans la moelle des os.
11 m’a fait de ses pleurs des perles précieuses;
Doux trésor que je garde, et, sur le diamant,
Dans mon cœur, il grava son langage charmant.
Car il a de ce cœur les deux clefs amoureuses: il y rentre a son gré pour doubler mon tourment Et me redemander des larmes plus nombreuses.
ISO
l'KTKAUOt K.