‹ Dante, Pétrarque, Michel-Ange, TasseChapitre 23 sur 88 · XLV1II · texte numérisé non relu

XLV1II

Charme et effets mystérieux «les pleurs «le Laure.

J’ai vu, sur terre, un ange aux beautés les plus vives Qui brillèrent jamais; si bien qu’à l’avenir A la fois j’en aurai triste et doux souvenir;

Au delà tout est rêve, aux ombres fugitives.

J’ai vu pleurer ces yeux dont les clartés craintives Rendent le ciel jaloux : et son divin soupir Eût fait les monts quitter leur éternel loisir,

Et les eaux des torrents s’arrêter attentives.

Amour, esprit, pitié, sympathiques douleurs, Faisaient un tel concert de soupirs et de pleurs,

Que jamais on n’ouït une telle merveille.

La feuille, dans les bois, restait sans mouvement. Tant à sa douce voix le ciel prêtait l’oreille,

Tant l'air et les zéphyrs respiraient doucement!

SONNETS

Page 1