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\a souvenir (Je ce jour où il In vil pleurer est reste jcruvc dans son enMir, et il y revient sans cesse.
J'ai garde dans mon cœur un si vif souvenir Du jour que je voudrais célébrer sur ma lyre,
Que mes vers dignement ne sauraient le décrire; Mais, en pensée au moins, je puis y revenir.
J’entends encor sa voix, qu’on ne peut définir,
Qui se plaignait si douce et qui me faisait dire : Est-ce une femme ou bien un ange qui soupire.
Qui fait l’air s’émouvoir et le ciel s’adoucir?
Je vois ses blonds cheveux et son beau front de reine, Et je sens ses regards, dont mes yeux sont frappés, Étinceler encor sous leurs sourcils d'ébène (t).
Je vois sa bouche rose... O mots entrecoupés!
O soupirs enflammés! larmes cristallisées,
Qui couliez sur sa joue en perles de rosées !
(I) tbeno » cigli.
Divine beauté de Laure.
Quelle étoile gardait dans les célestes plaines Le ty|>e merveilleux de ses traits adorés,
Quand Dieu voulut montrer à nos yeux égarés Ce que, là-haut, il peut dans ses divins domaines?
Quelle nymphe des bois ou nymphe des fontaines Laissa tlotter dans l’air des cheveux plus dorés?
Quel coeur à tous les cœurs eut des droits plus sacrés, Bien qu’il soit, pour le mien, le sujet de ses peines?
Celui-là cherche en vain la divine beauté,
Qui n’a pas vu les yeux dont je suis enchanté,
Ni le doux mouvement de sa vive paupière;
Il ne sait pas comment Amour blesse et guérit,
S’il ne sait pas combien sa lèvre douce et lière Soupire doucement, et doucement sourit.
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I. Amour et lui restent en contemplation devant la |»ràre merveilleuse
de sa dame.
Amour et moi, ravis, et pleins de cette foi Oui fait voir clairement ce qu’on croit impossible, Nous admirions la voix et la grâce paisible De celle qui n a |>as d autre exemple que soi.
L éclair de ses regards, qui rayonnaient en moi, faisait luire une tlamme a tout autre invisible,
Étoile la plus sûre et la plus infaillible A qui suit de 1 Amour les leçons et la loi.
Quel spectacle charmant, quand, parmi la rosée, hile est comme une fleur, et lorsque, dans les prés, Par sa blanche poitrine on voit l’herbe pressée!
Quand les jours du printemps reviennent tout parés. Qu il est doux de la voir, seule avec sa pensée, Tresser une guirlande à ses cheveux dorés!
HKTRARylK.
Ml.
Il l'iivic les lient et les objets embellis par les pas et les regards «le
taure.
Joyeuses lleurs des champs, et vous, herbes heureuses. Une ma Dame foula sous ses pieds tant de fois ;
Kivages enchantés qui connaissez sa voix,
Kt gardez de ses pas les traces lumineuses:
Violettes des prés, pâles tleurs amoureuses,
Vous, humbles arbrisseaux, et vous aussi, grands l>ois, Dont le soleil levant dore les larges toits Kn jHîrçant l'épaisseur de vos cimes ombreuses;
0 charmante contrée, et toi, tleuve argenté,
Uui, retlétant ses yeux pleins de limpidité,
Ne doit d’être aussi pur qu’à leur clarté vivante,
(Combien je vous envie, ô vous qui la voyez !
Car jamais vos rochers, tant de fois foudroyés,
N’ont vu de feu pareil à ma tlamme constante.
SO»KTS.
un.
il st* plaint à l'Amour des illusions dont il l'a bercé; mais il se rés à souffrir, pourvu que sa dame lui permette de l'aimer.
Toi qui lis dans les cœurs comme en un livre ouvert, Amour, et qui connais la route où je m’engage, Prends en pitié mon cœur, dont le secret langage, Ignoré du vulgaire, à toi s’est découvert.
Tu sais qu'eu te suivant j’ai déjà bien souffert:
Tu t'en vas devant moi, de parage en parage,
Et tu ne veux pas voir qu’à la tin mon courage Se fatigue à te suivre en ce chemin désert.
Ile loin j'aperçois bien une lueur sereine Où, par un dur chemin, ta volonté m’entraîne:
Mais je n’ai pas, Amour, tes ailes |>our voler.
Je n'ai qu’un setd désir, daigne le satisfaire:
Mourir en désirant, et ne pas lui déplaire En laissant mes soupirs vers elle s’exhaler.
PETKARÿlK.
ISIi
l.a nuit, qui donne à tous le repos et l'oubli, lui ote le sommeil, et lui laisse l'inquiétude et les regrets.
Le vent, le ciel, la terre et tout»* la nature Se taisent; le sommeil se répand en tous lieux;
De la paisible nuit le char est dans les cieux,
La mer est dans son lit sans vague et sans murmure.
Moi, je verse des pleurs... La douce créature,
Qui fait mon doux tourment, est présente à mes yeux ; Je me livre à moi-même un combat douloureux,
Kt sa seule pensée adoucit ma blessure.
D'une même fontaine, amertume et douceur Ainsi coulent pour moi ; je reste sans défense,
(kir une seule main blesse et guérit mon cœur ;
Kt, pour qu’il ne soit pas de trêve à ma souffrance.
Je meurs cent fois, cent fois je nais à la douleur;
Tant est loin le re|»os, tant est loin l'espérance!
SONNETS