‹ Dante, Pétrarque, Michel-Ange, TasseChapitre 26 sur 88 · LVI · texte numérisé non relu

LVI

Il rroit voir un pou do pitio ditus 1rs yeux <lo sa dame.

Plein d'un vague penser que rien ne peut distraire.

Je m'échappe souvent d'un monde qui me fuit.

Et je reviens chercher celle qui m'a séduit,

Celle aux regards de qui mieux vaudrait me soustraire.

Mais je la vois passer, si douce et si sévère,

Que mon cœur, en tremblant, la contemple et la suit Avec le bataillon de soupirs que conduit Perrière elle l'Amour tout armé pour la guerre.

Parfois, entre les cils de son visage altier,

Je crois apercevoir un rayon de pitié

Dont le charme imprévu calme un peu mon martyre;

Et je reprends courage et je veux me presser l)e raconter mes maux; mais j’ai tant a lui dire,

Que, malgré mon désir, je n’ose commencer.

l'KTRARQI'K.

Il MJ

iJviii.

Il no peut parvenir à lui exprimer ce qu’il seul (tour elle.

Souvent je vois 1 aspect de ma belle inhumaine S’adoucir tout «à coup, et je me sens plus fort,

Et ma fidèle escorte (t) à ses pieds me ramène Plus humble et plus soumis, et je me crois au [>ort.

Ses yeux rendent bientôt mon espérance vaine;

Un seul de ses regards décide de mon sort.

Elle est de mes destins et Dame et souveraine,

Et seule elle a sur moi droit de vie et de mort.

Près d'elle je ne puis trouver une parole Qu’elle puisse comprendre, et mon cœur se désole, Quand il a tant de feu, de n’avoir plus de voix.

Je sens, en cet état, que ma bouche soupire Et ne peut s’exprimer... Oh! ceux qui peuvent dire Comme ilsbriilentd’amour, n'ontquedescœursbien fmi»

(1/ f'irfo scorta : l'Amour.

SONNKTS.

MX.

S'il iu* peut lui ùU*r sa cruauté, elle ne peut non plus lui ra\ir la sccrolc espérance iju’il gardera toujours.

Oui, l’Amour, malgré moi, m’a jeté, sur la terre,

Dans un bien noble amour, mais plein de cruauté;

Les plaintes n’y font rien; le mieux, en vérité.

Fst encore, en mourant, d’aimer et de me taire.

Fondre le Rhin glacé, briser la dure pierre,

C’est pour elle un triomphe aisément emporté;

Mais elle a tant d’orgueil avec tant de beauté,

Ou’à tout regard mortel il lui déplaît de plaire.

Je ne puis emporter de ce dur diamant,

Donts’entoure son cœurpourmon plus grand tourment. Rien avec mon amour, rien avec mon génie.

File, non plus, ne peut, avec tout son dédain Ft ses airs courroucés, arracher de mon sein I, 'amour, les doux soupirs, l'tspérance infinie.

l'KTRARyl K.

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