‹ Dante, Pétrarque, Michel-Ange, TasseChapitre 44 sur 88 · LXXV · texte numérisé non relu

LXXV

Quand Laurt' a quitté lu terre, l'amour et In courtoisie l’ont quittée avec elle, et In mort s'est laite douce un instant. 11 s'adresse au pur esprit de sa dame.

Esprit divin, 6 loi qui faisais rayonner Et mouvoir doucement ses yeux et leur prunelle, Toi qui donnais la vie à cette voix si belle Que je l'entends encor dans mon coeur résonner;

Noble foyer d'amour! les Heurs, sans se faner,

Se ployaient sous ses pas, l’herbe restait nouvelle, Et je la vois toujours; c’était une immortelle Qui pour nous de sort ciel semblait se détourner.

Au sein du Créateur aujourd’hui vive étoile.

Tu laissas en partant ici-bas ce beau voile Qu’un décret du destin à ton âme attacha:

Quand tu quittas le monde, amour et courtoisie Uni [tris leur vol,... pour nous le soleil se cacha.

Et nous vîmes la mort un instant adoucie.

SONNETS

U voit quo la vieillesse l'atteint; il reconnaît que la vie a des ailes et qu’on ne vit pas deux fois sur la terrr; mais il ne s’en épouvante pas, car il se rappelle une parole «le Laure.

Mon fidèle miroir me dit : Vois tes deux yeux Ternis, ton esprit las, et ton écorce usée,

Ta souplesse raidie et ta force épuisée...

Ne te le cache plus : te voilà déjà vieux.

A la nature en tout obéir est le mieux,

Et lutter avec elle est chose mal aisée;

Alors, comme le feu sur qui l’eau fut versée,

Je sors d’un long sommeil pesant et douloureux,

Et je vois que la vie a des ailes et vole Et qu’on ne peut plus être après avoir été;

Puis au fond de mon cœur résonne une parole

De Celle dont la mort nous cacha la clarté,

Mais qui fut parmi nous si digne d’être aimée, Que toute autre a pâli devant sa renommée.

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