A VASARI
Auteur de la Vie «les peintres, sculpteurs et architectes.
En tenant à la fois la plume et le pinceau,
Vous avez, par votre art, surjwssé la nature j Chez elle, comme on sait, tout passe et rien ne dure; Vos écrits nous rendront tout ce qu’elle eut de beau.
Votre noble travail sera comme un flambeau,
Qui doit autour de nous dissiper l’ombre obscure ;
Votre livre du temps nous sauvera l’injure,
Et nous fera revivre au delà du tombeau.
Les chefs-d’œuvre de l’art que chaque âge a vu naître. Sans vous, auraient un jour fini par disparaître ;
Vous les conserverez à la postérité.
Sauvez donc des grands morts la mémoire pieuse,
Et faites que, malgré la nature envieuse,
Eux et vous conquériez une immortalité.
SONSKTS.
;j<ii
De même que la flamme fait ployer le fer, resplendir l'or et revivre le phénix, de même son amour et la mort le dégageront de la matière.
L'artiste industrieux par la flamme assouplit Le fer, et le contraint à vêtir sa pensée;
Et la parcelle d’or, par le feu caressée,
Comme un joyau vivant s’anime et resplendit.
C’est en se consumant que le Phénix revit;
Aussi, lorsque sera ma cendre dispersée,
J’espère aller trouver la foule trépassée
Que le temps n’atteint plus et que la mort grandit.
Béni soit le trépas et la douce blessure
Qui permettront bientôt à mon âme plus pure
De s’enfuir loin de ceux qui vivent dans la mort.
Et puisqu’au ciel le feu, par un facile effort,
S’élève, que sa flamme à mon âme se mêle,
La rende plus légère, et remonte avec elle !
MH.IIKL-AÎSGK.
D'uuc informe ébauche le sculpteur fait une œuvre |>arfaite; les vertus de celle qu'il aime ont fait ce prodige sur son âuie.
Quand l’artiste rêveur a vu dans la nature lTne forme qu'il veut soustraire à notre mort,
Au moyen de l’argile, il donnera d’abord Une première vie à sa pensée obscure ;
Mais le marbre, bientôt, vivant se transfigure Sous l’habile ciseau; noble et dernier effort!
De nouveau l’œuvre vit, mais parfaite, et le sort Lui promet une gloire éternellement pure.
Moi... de ce que je suis, bien longtemps je ne fus Qu’une ébauche grossière, et, grâce à vos vertus, Vous m’avez fait, Madame, une plus belle vie;
Vous avez complété mon âme, et retranché Ce qu’elle avait de trop. Que mon cœur desséché S’anéantisse avant que jamais je l’oublie !
SONNKTS.
.‘hui