ADIEUX A LA GLOIRE ET AUX ARTS
( Michel- Anpe avait Si ans.)
Déjà ma barque touche au terme de la vie,
Et les flots orageux me poussent vers le port
Où tout homme, en tremblant, rend compte après sa mort
De la route ici-bas que ses pieds ont suivie.
Ab ! je vois que mon âme, à la gloire asservie.
Trop longtemps rendit l’art souverain de son sort;
Je m’en fis une idole et je sens que j’eus tort ;
Tout est vain, tout est faux dans ce que l’homme envie!
O mes sombres pensers, qu'allez-vous devenir?
Par une double mort, ah ! craignons de mourir.
Déjà l’une est certaine et l’autre me menace.
Ni marbre, ni couleurs n'occupent plus mes doigts;
Je ne veux plus qu’aimer et qu'implorer la grâce De Celui qui vers nous ouvre ses bras en croix.
LE TASSE