‹ Dante, Pétrarque, Michel-Ange, TasseChapitre 52 sur 88 · I.E TASSE · texte numérisé non relu

I.E TASSE

arrêté d’établir un« république protestante au milieu de la France monarchique et catholique; c’est ce qui explique, sans la justifier, la Saint-Barthélemy, où il entra autant de politique que de religion. Le Tasse ayant librement exprimé son opinion à ce sujet, on dit qu’il tomba dans la disgrâce du cardinal ambassadeur, qui lui supprima le traitement qu’il lui avait assigné pour vivre honorablement à sa suite. Le poêle, pauvre et fier, ne voulut rien demander à la bienveillance de Charles IX, et il passa l’hiver à Paris dans un dénùment qui est à peine croyable. On en voit la preuve dans une lettre de Guy-Patin ; « Le Tasse, dit-il, était réduit à une extrémité si grande, qu’il fut contraint d’emprunter un écu à un de ses meilleurs amis(I) pour subsister pendant une semaine. Il fit un joli sonnet pour prier sa chatte (2) de lui prêter durant la nuit la lumière de ses yeux, parce qu’il n'avait pas de quoi acheter de la chandelle. » Voici ce sonnet :

Ainsi, sur l'océan, quand il craint que ne sombre Son navire agite, le nocher soucieux Lève son front pensif et cherche clans les eieux Son étoile, au milieu des étoiles sans nombre.

censeur; il conclut en faveur des Guises et de la sainte ligue, qui petit seule sauver la religion. Cette opinion était ucnerale dans tous les pays catholiques, et elle n’était pas sans raison, rar on ne pouvait prévoir l'abjuration de Henri IV. Voici comment, dons ce Discours, le Tasse peint les Fronçais : « 1 Francesi sono di natura che non si sanno stare, ma sempre vorrelibono essore in esercizio, c perriô, dove manca loro l’occazione di eserrilarsi, suhitamente marciscono a questa guisa clic noi veggiamn avvcnire di un palafreno avezzo aile fatiche continue, che si lasri per alctui tempo nella slalla in ozio ed in quiete. »

(I) Balzac prétend que c’est à une amie.

l.o Tasse adorait les chats: Pétrarque avait la meme manie. On montre dans sa maison d' Arqua sa petite chatte blanche empaillée dans une niche:

... I.a sua gatta in serra spnglin Cuarda dai topi nncor la doua snglia.

Tassom.}

NOTICE

Sans lumière et sans feu, par cette nuit si sombre,

Belle chatte, ainsi j'aime à contempler tes yeux,

Qui, fixant sur les miens leurs reflets lumineux.

Semblent, pour m'éclairer, deux étoiles dans l'ombre.

Ta jeune chatte aussi me donne ses rayons,

Et je crois voir en vous, quand mon œil vous regarde,

Des deux Ourses briller les constellations.

Que toujours, grâce à moi, du bâton Dieu vous garde!

Que Dieu vous entretienne et de chair et de lait;

Mais prètex-moi vos yeux pour tracer mon sonnet (I).

A la lin de l’année 157i,Torquato obtint enfin du cardinal la permission de quitter la France et les moyens de retourner en Italie. .

Il revint à Ferrare.où il fut accueilli parle duc avec la même bienveillance, et par les princesses avec le même intérêt. Ce fut alors que, quittant tout à fait le service du cardinal, qui s’était montré un protecteur si peu généreux, il s’attacha à Alphonse, dont il devait encore moins se louer. C’était alors la mode chez les princes italiens de prendre à leur service des poètes et des artistes, comme dans le moyen ;\ge les barons féodaux avaient des fous qui les amusaienl et des ménestrels qui chantaient leurs faits d’armes (2).

(l'i Torquato Tasso réduit a n'y |>lu>* \oir. nnn par cécité, mais... ali! je ’nc le dirai pas en français; que la langue des Italiens soit tachée de ce cri de misère qu'il a jeté ;

Non avendo eandella per escrivere i suoi verni.

f A. m Viony.

[i) Le Tasse, dit l'abhe Serassi, avait la table, le logement et :>0 livres 10 sons par mois. I.e poète, en retour, donna au prinee les immortelles louanges de la Jrru*alnn et les Mime hroichr, suite de sonnets et de canzoncs où il célèbre magnifiquement tous les événements domestiques de la maison d’F.stc. — Voyez le sonnet XXV, mi il prouve fièrement ait due que le poète peut seul l'immortaliser.

LK TASSE

ni.

A peine de retour à Ferrure, le Tasse se mit à travailler avec passion à sa Jérusalem , et composa en même temps son drame pastoral dMmtnta, qui fut joué avec le plus grand succès sur le théâtre de la cour.

« C’est l'amour, dit Monti, plutôt que les Muses, qui a inspiré à Torquato cette o*uvre ravissante (1), »

(I) ... Amor più che le Muse

A Torquato dctto questo ventile Aseron iavnrn.

Dédicace de l’Aminlo.)

NOTICE. 399

Il est temps de parler plus longuement de In passion qui lit le malheur du Tasse; nous y insisterons, parce que cet amour inspira les sonnets que nous avons traduits, et que c'est par là que le poète de Sorrente se rattache dans notre livre à Dante, à Pétrarque et à Michel- Ange.

Torquato aimait secrètement la sœur du duc, la princesse I). Léonore d’Este. Cette passion célèbre a intéressé tous les cœurs tendres et poétiques, et elle a soulevé bien des controverses animées. Les uns l’ont niée, parce qu’elle n’a pas de preuves positives; les autres out été jusqu’à prétendre que le poète avait été l’amant heureux de la princesse, et qu’il en avait été puni par la prison, comme Ovide par l’exil, pour avoir été aimé de Julie. Certains biographes italiens se sont défendus d’ajouter foi à l’amour du Tasse, en alléguant la respectueuse impossibilité où il se trouvait d’élever les yeux si haut, comme si le génie n’était pas au moins l’égal de la naissance, comme si le chantre de Godefroy n’avait pas pu se croire digne de l’amour d’une princesse !

Nous avons cherché à éclaircir cette intéressante question par les aveux mômes du poète; dans une canzone adressée officiellement à Léonore sur sa convalescence, il ose se comparer à Phaéton; il avoue à la princesse (1) que, dès le premier jour où il la vit, il se sentit enflammé d’amour pour elle; que le respect glaça, il est vrai, cette flamme téméraire, mais qu’il la sent toujours vivre au fond de son cœur.

(Il Ë cerlo il primo dl, che ’l bel scrcno

Délia tua fronte agli occhi miei s’offersc,

E vidi armato spazinrvi Amore,

Se non clic riverenza nllor converse K meraviglia in fredda selce il seno,

Ivi peria con doppia morte il core :

Ma parle degli nlrali e dell* ardore Sentii pur aneo enlro '1 gelalo marine.

LK TASSE

Torquato était alors, comme il le dit lui-mènte, dans toute la fleur de son beau mois d’avril (1); D. Léonore était plus âgée que lui de quelques années; c’était, comme nous l’avons dit, une princesse pleine de grâce et d’esprit, et en môme temps de réserve et de fierté; elle avait une telle réputation de vertu et de piété, qu’on lui attribua le bonheur qu’avait eu Ferrare d’échapper à une inondation du Pô qui pensa l’engloutir en 1Î570. Elle ne voulut jamais se marier et dédaigna les meilleurs partis d’Italie. C’est elle que le poète se plut à peindre dans la belle Sophronie de sa Jérusalem ; lui- môme il s’est peint dans Olinde avec toute l'incertitude et toute la timidité de son amour (2).

Il y avait alors à la cour de Ferrare trois nobles dames qui portaient le nom de Léonore (5) : la princesse D. Léonore d’Este, la comtesse Léonore de Sanvitale, et une autre Léonore dont on ignore le nom de famille. Le Tasse imagina d'adresser tour à tour ses vers à ces trois Léonore, de manière à ce qu’on ne pût deviner celle qu’il aimait véritablement. Il avoue naïvement qu’il les confond quelquefois à cause de leur ressemblance, et qu’il s’égare au point d’adorer sa mystérieuse madone dans la personne de celles qui portent son nom (4); aussi le cavalier Battista Guarini, son rival en poésie et en amour

(1) Sonnet II.

[• i } Ki che modeslo é si, coin’ essa t* bella,

linima assai, poco spera, c milia chiede; Né sa scoprirsi, o non ardisce; ed ella <1 lo sprezza, o nol tede, o non s’avvede. Cosi linora il misero Ica servi lo O non vislo, o mal noto, o mal gradilo.

(f ierusaUmme, e. u.)

(5) Sound III.

'*) Sonnet 111.

NOTICE

aussi, dit-on, l’accuse- t-il, dans uu sonnet (I), d’avoir aimé au moins deux de ces trois Léonore. Mais qu’importe la médisance d’un rival, qu'importe l’aveu même du poète? La tradition poétique et romanesque n'en subsistera pas moins, et sera toujours là pour confirmer celte légende d’amour, et assurer aux jeunes imaginations que le Tasse n'aiina véritablement que la princesse

Quant à nous, si l’on veut notre avis, nous dirons que nous ne voudrions pas jurer que le Tasse fût un amant aussi fidèle que Pétrarque; mais nous croyons que sa passion, qui ne fut peut-être d’abord qu’un poétique jeu, devint sérieuse sous la main du malheur, et que la persécution, comme il arrive toujours, fit de lui un véritable martyr de l’amour.

Le lecteur pourra juger par les sonnets que nous avons traduits, et autant qu’une traduction peut le permettre, de la grâce, de la délicatesse et de la sincérité de l'amour du Tasse; ce n’est plus le séraphique amour de Dante, ni l’amour extatique et religieux de Pétrarque; c’est encore moins l’amour platonique. et artistique de Michel-Ange; c'est déjà une passion plus moderne, moins chaste, et tout empreinte de l’esprit de cette renaissance dont l’aurore se levait alors sur l’Europe. Le Tasse nous peint sa dame avec les couleurs du Giorgionc et du Titien, et on peut dire que son amour était, comme sa Jérusalem, un mélange poétique des souvenirs de l’antiquité profane et des croyances chevaleresques du moyen âge.

Il est permis de croire que D. Léonore aima le Tasse, ou du moins que son orgueil de princesse fut flatté des louanges d’un si grand poète, et que son coeur de femme fut touché des Lnfor-

(I ) Kn réponse à un sonne) du Tasse :

l>i due linininn si vanta, c slrinuc e sper/a Piû voile on modo, el cnn tpiesli arti pieea

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NOTICE

La seule consolation du poëto au milieu de ses secrets tourments, c’était son poème, son poème sublime auquel il ne cessait de travailler; il savait que c’était par son génie qu’il se grandissait aux yeux de la princesse et qu’il comblait l’ablme qui les séparait; il sentait que sa gloire pouvait seule excuser son amour^

1). Léonore était toujours la dame de ses pensées et l’inspiratrice de ses vers; il allait lui lire les chants de son poème, à mesure qu’il les composait, et le touchant épisode d'Olinde et de Sophronie, qui était son histoire, dut faire verser de douces larmes à la princesse; le poète nous dit lui-mème qu’il a vu ses beaux yeux pleurer en l’écoutant (1).

Lorsqu’enfm la Jérusalem fut terminée (avril 1573), le Tasse en porta le manuscrit au duc Alphonse et au cardinal Hippolyte d’Este; ces princes reçurent avec faveur un poème où on leur prodiguait tant de louanges délicates, et D. Léonore, sur lin ordre de son frère, couronna de lauriers le front du poète, dans une fête au milieu des jardins enchantés de la villa ducale de Belriguardo, peuplés de marbres antiques (2) et des bustes des grands poètes anciens et modernes : Homère, Virgile, Dante, Pétrarque, Ariosle, tous les maitres, les modèles et les rivaux du Tasse (3).

Dans un sonnet modeste et touchant (4), le Tasse nous apprend lui-même que la Jérusalem a eu un grand succès, mais un sucés vain et stérile, et non ce succès d’enthousiasme réel qu’il avait espéré; son but avait été de réveiller l’esprit chevaleresque et religieux du moyen âge; il aurait voulu que sa voix eût pu soulever l'Europe comme un seul homme et la préci-

(1) Sonnet XXIII.

(Si Sonnet IX.

(3) Sonnet XIV.

(4) Sonnet XXIII.

LE T \SSK.

piter sur l'Asie, pour reconquérir le tombeau du Christ; il aurait voulu que son noble poëme fût l’étendard d'une dernière croisade dont il eût été le Pierre- l'Ermite poétique et le duc Alphonse le Godefroy (I). Il adressa aussi sur cette croisade rôvée un sonnet à l’empereur Rodolphe et au roi de France Henri III, comme Pétrarque en avait adressé à Philippe de Valois.

« Mais, hélas! s’écria-t-il avec désespoir, je n’ai vu accourir aucune armée à l’appel de mes vers (2). »

On n’a pas assez remarqué et apprécié ces nobles regrets du poêle qui avait voulu faire un poëme de circonstance, une poétique prédication pour réveiller l'esprit des croisades; et, quand on regarde l’état de l’Europe à cette époque, on voit que ce noble but n’était pas aussi inutile et aussi chimérique qu’il peut nous le paraître maintenant (3) : Constantinople était tombée aux mains des Turcs, comme Jérusalem; la chrétienté tout entière s’était émue des progrès de Soliman et d’Amurath, qui débordaient en Europe par la Hongrie; le pirate Barberousse avait menacé les côtes de l’Italie, qui aurait eu une nouvelle invasion de Barbares sans la bataille de Lépante, et la Jérusalem est presque contemporaine de cette grande victoire de D. Juan d’Autriche, qui a sauvé la chrétienté (A).

(1) Voir l’invocation du premier chant de la Jéruwlem.

’i) Sonnet XXIII.

(3) Dans sa’noticc sur le Tasse, M. Mazuy cite une lettre du poète à Horace I.ombardclli, qui prétendait que le titre de Jérusalem délivrée exciterait les moqueries des musulmans, redevenus maîtres de I» cité sainte :

« Quel che V. S. soggiunge appresso, che ’l liloio porgerebbe maleria di scheruo, non rni tnuove molto, perché mi par che niuno scherno clic possa irritare il generoso sdegno de’ Christiani sia inutile. Oltrcdiciô non e ragionevolc lo scherno, perche i Christiani veramente la raequislarono con tanto sangue di Saracini, che non hanno di che schernici. »

(4) La mas alla ocasion que vieron los siglos pasados, los présentés, ni esperan ver los venideros.

(Ckkvantss, prologue de la *<• partie du Don Quichotte.)

A ce point culminant de sa destinée, le Tasse s’enivra un instant de ces poisons subtils de la gloire et de l’amour qui offraient leurs coupes étincelantes à ses lèvres altérées; effrayé lui-même de sa trompeuse fortune, il s’écrie, dans un de ses sonnets, qu’il est monté trop liaut et qu’il redoute le sort d’Icare et dePhaéton; « mais, ajoute-t-il, quel danger pourrait effrayer celui que l'amour encourage? Une déesse, Diane elle-même, n’a-t-elle pas enlevé au ciel le jeune berger du mont Ida? » Mais le Tasse, poêle sans rival , glorieux favori du duc et des

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princesses, ne pouvait manquer d’ôtre envié et détesté par tous les courtisans et par tous les poêles de la cour de Ferrare, qui ne cherchaient qu'une occasion de le précipiter du haut de sa gloire et de le frapper en môme temps dans son amour dont on avait depuis longtemps soupçonné l’existence. Cette double occasion ne se lit pas attendre.

Torquato avait envoyé le manuscrit de son poème à Scipion de Gonzague et à ses autres amis de Rome et de Padoue, en les priant de lui envoyer leurs observations : elles furent nombreuses; le Tasse les réfuta une à une et se mit à corriger son poème avec une telle ardeur et des veilles si prolongées, qu’il était presque continuellement en proie à une fièvre ardente qui augmenta l’exaltation de son esprit. Tout à coup il apprend qu’on imprime, sans son aveu , cette Jérusalem à peine terminée, à peine corrigée; il conjure Alphonse d’écrire dans toutes les cours d’Italie pour en faire arrêter l’impression ; il ne doute pas que ses ennemis ne lui aient dérobé une copie de son poème; son caractère s’aigrit et devient défiant et inquiet; une sombre mélancolie s’empare de son esprit; il accuse ses domestiques d’avoir fouillé ses papiers et vendu des copies de son poème; il s’imagine qu’on en veut aussi à sa vie et qu’on l’a dénoncé à l'inquisition pour certains passages de son ouvrage; et il court 4 Bologne se jeter aux pieds du grand inquisiteur, qui peut à peine rassurer sa conscience alarmée.

Il revient à Ferrare dans un état digne de pitié; il soupçonne le duc de vouloir le perdre; son esclavage de poète courtisan lui pèse, il voudrait s’en affranchir, mais son amour le retient à la cour: « Je ne puis consentir quitter le duc, écrit-il à Scipion de Gonzague, mais il y a des choses qui ne peuvent s’écrire. »

Un dernier coup l’attendait, et le plus cruel, puisqu’il le frappait dans cet amour auquel il avait tout sacrifié.

NOTICE. iÜ7

La médisance et la calomnie cherchaient depuis longtemps, comme nous l’avons dit , une plus sûre occasion de perdre sans retour le malheureux poëte, en épiant les relations qu’on lui soupçonnait avec D. Léonore, et cette occasion ne leur manqua pas. Un ami(l), auquel Torquato avait confié le secret de cet amour mystérieux, le trahit, et en révéla imprudemment quelques particularités que recueillirent et envenimèrent les ennemis acharnés du poëte. Un certain Maddalô ayant osé en toucher quelques mots devant le Tasse, celui-ci lui donna un soufflet , l'appela en duel et le blessa grièvement. Le soir même, les trois frères de Maddalô attendirent Torquato au coin d’une rue , et l’assaillirent lâchement de leurs trois épées. Mais le poêle se défendit vaillamment, tua un de ses adversaires et mit les autres en fuite. Cette aventure lit beaucoup de bruit et donna lieu à ce proverbe, qui courut longtemps dans Ferrare :

Colla penna c con la spada Ncssun val qunuto Torquato.

Mais son amitié trahie, son amour divulgué, ce duel dont la cause ne pouvait rester inconnue, tout contribua à jeter le Tasse dans le plus affreux désespoir; quelques jours auparavant, il avait chassé un de ses domestiques qu’il accusait d’avoir livré ses papiers à ses ennemis (2); le lendemain de son duel (17 juin lî>77), il rencontra cet homme chez la duchesse d’Urbin ; cette vue acheva de l'exaspérer; sa raison s'égara; il tira son poignard et se jeta sur son ancien serviteur; on prévint le coup.

(1) Voir les reproches louchants qu’il lui adresse. Sonnets XXIX et XXX.

<S) Il supplia alors un de ses ami» de lui procurer un domestique sùr : c’est une chose, lui dit-il, d’où dépendent mon repos et ma vie; je vous la demande comme gentilhomme, comme chrétien ( pereh ’ è cataliero, prrch’ i rhriiliamo).

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