‹ DanteChapitre 23 sur 57 · XXIX · texte numérisé non relu

XXIX

ia8 DE LA NAISSANCE DE DANTE A LA MORT DE BÉATRICE

« lettre déploratoire » dont le début biblique se retrouvera plus tard.

Heureusement, Guido Gavalcanti le poussait à écrire en langue vulgaire, et c'est ainsi que Dante lui dédia plus tard la ]7<? ISouvelle \ Le a disdegno », le dédain de Guido pour les classiques et leurs pompes ne fit jamais meilleur effet.

Pour sécher ses larmes, Dante fit une canzone, où il dit :

Béatrice est allée au faîte des cîeux,

Dans le royaume où les Anges ont paix,

Elle est avec eux, et vous, dames, vous a laissées ;

Point ne la ravit un principe de glace

Ou de chaleur, comme il arrive aux autres.

Mais seulement sa grande excellence".

Moins vague, et plus proche de l'inspiration future, de l'inspiration souveraine, une autre canzone appartient à ce même temps ; elle fut laissée en dehors de la Vita Nuova, peut-être parce qu'elle était trop expressive. Il convenait au poète de si bien épaissir la nuée glorieuse où se voilerait Béatrice, que rien d'humain n'y rayonnait, que toute lumière devait y apparaître surhumaine ^

Sur la prière que lui fit un des frères de Béatrice, il composait encore un sonnet et une canzone, qu'il donnait à son ami « disant qu'il Pavait fait pour lui seul », jusqu'au jour où la divine anthologie recueillit l'un et l'autre*. Et, comme si l'aurore du grand poème se levait maintenant

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