‹ DanteChapitre 24 sur 57 · LA VITA NUOVA · texte numérisé non relu

LA VITA NUOVA

plus claire à chacun de ces essais nouveaux, la canzone montre ces vers :

Le plaisir de sa beauté Se partant de notre vue, Devient grande beauté spirituelle, Qui par le ciel épaad Une lumière d'amour qui fait le salut des anges, Et fait émerveiller leur haute et subtile intelligence Tant elle est noble.

Dante, au seuil d'un âge nouveau, tient encore les yeux fixés sur ce « doux et cher guide ». Le torrent de la vie réelle va maintenant, — et il le faut, — l'emporter, le souiller, lui faire connaître tous les périls et subir toutes les meurtrissures; « l'amour, dit son meilleur biographe*, auquel il fut tant soumis, c'est la ferme créance de tous que ce fut le moteur de son génie, et qui le fit d'abord, en imitant, devenir poète dans la langue vulgaire, puis par désir de plus solennellement montrer ses passions et son amour de la gloire, soigneusement s'exercer en celleci». L'amour allait passer encore plusieurs fois sur son chemin, et les passions de la gloire, sous leur forme la plus vulgaire, le décevoir et l'égarer; jusqu'au jour où, rejeté par la vie publique, désabusé par la vie privée, il sentira de nouveau sa jeunesse morte le regarder du fond du Passé, montrant les routes éternelles.

^ Boccace, Vita, p. 44-

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