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V. N., XXXIV

DANTE APRES LA MORT DE BEATRICE i33

Fut mise par le Très-Haut Dans le ciel de riiumilité, où est Marie *.

Il se ressouvenait que « le nom de Marie fut en très grande révérence dans les discours de cette bienheureuse Béatrice' ».

Mais, tandis qu'il se répète tristement à lui-même :

Hélas, noble intelligence, Meshuy s'accomplit l'an depuis qu'au ciel montas^ !

une autre image féminine frappe ces yeux visionnaires, pénètre ce cœur et ces sens toujours émus. Il a voilé, dans la Vita Nuoça, l'aveu qu'une œuvre de la maturité donnera plus formel : « Je vis, dit-il, une noble dame, jeune et belle à ravir, laquelle me regardait d'une fenêtre avec tant de pitié dans ses regards, que toute la pitié paraissait concentrée en elle^ ». Au piège éternel de la pitié, quelle âme souffrante ne se prendra ? Dans le Banquet, il fixe la date ; c'est en septembre, trois mois après l'anniversaire, le bout de l'an de Béatrice : « Je consentis à être sien ° », avoue-t-il... « Mais, devant que ce nouvel amour fût parfait, il y eut force lutte entre le penser de son accroissement et celui qui lui était contraire, lequel pour cette glorieuse Béatrice occupait encore la citadelle de mon âme. » Le nouveau penser triompha, la canzone adressée aux anges :

Vous dont l'intelligence fait mouvoir le troisième ciel*

naquit, subtile et compliquée, faite avec les mêmes élé-

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