‹ DanteChapitre 28 sur 57 · XLII, I03-I · texte numérisé non relu

XLII, I03-I

lique, apparue au même moment, et qui est la philosophie.

C'est ainsi que Dante a bien soin d'ostenter* ses yeux baignés de pleurs « autour desquels se faisait un cercle pourpré, comme il en apparaît d'ordinaire par le martyre que Ton endure ». Mais il remarqua plus tard que son mal d'yeux vint du travail : c< L'année même (1294)^ où naquit cette canzone ^ je fatiguai si fort ma vue à lire, et débilitai les esprits visuels, de manière queles étoiles m e paraissaient toutes ombrées d'une certaine blancheur ; et, par un long repos en des lieux obscurs et froids, et en rafraîchissant le globe de l'œil avec de l'eau claire, je regagnai la puissance désagrégée, et revins au bon état primitif de ma vue *. » Ceci confirme qu'il se plongea dans les sciences entre 1290 et 1294.

c( Non seulement, dit-il, j'y trouvai remède à mes larmes, mais des noms d'auteurs et de sciences et de livres. » C'était dans Boèce, c'était dans le Songe de Scipion, autre rêverie, cicéronienne, qu'il découvrait « quelque temps après » la mort de Béatrice ^ toutes ces belles choses. Il fut un admirable néophyte : son cerveau surexcité par la douleur, et qui voulait réagir, « s'arraisonnait à guérir », se gorgea, se satura des redoutables disciplines. « Je jugeais bien, assure-t-il, que la philosophie, qui était la dame de ces auteurs, de ces sciences et de ces livres, était chose souveraine*. Et je l'imaginais faite comme une noble dame^ ; et dès cette imagination, je commençai

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