Jeunesse et éducation de Dante
Dante naquit le 27 mai 1265, dans la commune de Florence, qui, à cette époque, comme d'autres communes de l'Italie, était une république autonome sous la protection et suzeraineté de l'Empereur, chef du saint Empire romain-germanique. L'enfant nouveau-né reçut, sur les fonts baptismaux, le nom alors assez usité de Durante y signifiant Endurant y Persévérant y et qui, par contraction, s'est changé en celui de Dante. Le nom de baptême étant essentiellement personnel, on comprend qu'il ne saurait être précédé de l'article ; que c'est donc par suite d'un italianisme , exprimant l'excellence et la renommée d'un homme, qu'on dit quelquefois, en français, le Dante. Â côté des noms de baptême, les noms de famille cornmencèrent à se constituer, dès le onzième siècle , dans les principaux pays de l'Europe. Dans l'origine, la plupart de ces noms de famille n'étaient autre chose que le nom du père devenu aussi le nom du fils , et se perpétuant, à côté du nom de baptême de chaque individu, dans toute la lignée paternelle.
Le trisaïeul de Dante, Cacciaguida, ayant épousé une femme de la famille lombarde des Adilgiers ou AUigieri de Ferrare, dont la noblesse germanique passait pour être plus ancienne et plus illustre que celle de la famille toscane de son époux, ce ne fut pas le père, conformément à l'usage, mais la mère, qui , selon l'ancien usage d'Ëtrurie , transmit son nom de famille , celui d'Allighieri , aux descendants de Gacciaguida, dont chacun prit dès lors le nom de l'AUighiero (l'un des AUighiers), ou l'Allighieri, (membre de la famille des Adilgiers). Gacciaguida ayant été chevalier de l'Empereur, son descendant Dante, déjà noble, du côté de sa trisaïeule, le devint encore du chef de cet ancêtre, et cela en vertu d'une loi , portée par la bourgeoisie de Florence, et déclarant nobles tous ceux qui comptaient un chevalier parmi leurs ascendants.
Le jeune Dante, trois fois noble par ses ancêtres, était doué d'un extérieur agréable , et avait une aptitude merveilleuse pour tous les genres de travaux intellectuels. Son caractère sérieux et son tempérament mélancolique le disposait, dès sa jeunesse, à se montrer, dans sa vie, d'une frugalité presque Spartiate, d'un stoïcisme rigide, et d'une austérité presque monacale. Mais malgré ces apparences de froideur et de sécheresse de caractère , il avait l'âme ardente, le cœur affectueux sans empressement, l'esprit éminemment délicat et amoureux, en toutes choses, de l'idéal. Gomme son ami le peintre Giotto , il aimait à dessiner des anges d'une expression pure et saintement naïve. Ainsi que son autre ami le musicien Gasella, il chantait les canzone^ avec cet entrain d'inspiration, comme les italiens seuls savent chanter. Mais à côté de l'art, son esprit curieux et pénétrant recherchait la science et la philosophie, qui, l'une et l'autre, l'ont occupé toute sa vie.
au point qu'on remarque dans toutes ses œuvres les tendances et le style de la poésie didactique.
Dante, adolescent, composa d'abord des poésies amoureuses, dans le genre de celles qui étaient alors à la mode en Toscane, et qui étaient imitées généralement des chants d'amour des Provençaux. Aussi, pour comprendre le genre lyrique de notre jeune poète, faut il bien connaître les caractères distinctifs de la poésie des troubadours , qui lui a servi d'initiation et de modèle.
Voici, en peu de mots, l'histoire de l'origine et de la formation de la poésie amoureuse provençale.