‹ DantonChapitre 130 sur 208 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

La suppression de la commission des douze aurait peut-être suffi à l'Assemblée, mais la Commune de Paris voulait davantage ; elle avait résolu de faire la contre-partie des violences qu'exerçaient les Girondins de Lyon. A son ordre le tocsin retentit, les sections s'assemblent, leurs délégués se constituent pouvoir révolutionnaire; ils chassent du conseil général de la Commune tous les modérés ; ils entourent d'hommes armés la Convention, campent aux Tuileries, et ne se retirent qu'après avoir obtenu la proscription de vingt-neuf députés, et des ministres Clavières et Lebrun. On sait le reste. On pouvait croire que désormais la Convention s'occuperait exclusivement de la chose publique. Poursuivons notre enquête, et voyons quel rôle remplit Danton dans cette reprise des hostilités qui devait aboutir pour lui à l'échafaud.

Le 8 juin on venait de proposer un décret de nature à effrayer les étrangers qui résidaient en France, et à les faire sortir du territoire. Danton qui ne se laissait jamais entraîner au patriotisme des mots, prévit le tort qu'une telle mesure pouvait faire au commerce dans ce moment d'extrême misère générale.

Je demande, non pas la suspension, non pas la levée de la séance; mais le renvoi au comité de salut public de tous les projets. Nous sommes, je crois, assez généralement d'accord que les principales mesures proposées peuvent être mieux conçues, mieux rédigées, mieux accommodées aux circonstances, et même qu'elles peuvent être différées sans inconvénient. Par exemple, tout

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