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CHAPITRE VII

Nemours, de l'Assemblée constituante, a intrigué dans sa section, celle de Flsle, pour faire nommer deux citoyens qu'il avait préalablement corrompus.

(Journal de la Montagne, n* il.)

Marat vient d'être assassiné; un membre de l'Assemblée dénonce Fauchet comme complice de Charlotte Corday. Celui-ci veut monter à la tribune pour se disculper. Le président met aux voix si on le lui permettra.

Danton.— Il n'y a rien à mettre aux voix : ne laisser pas souiller la tribune par Fauchet; ordonnez-lui de se retirer à la barre. [On applaudit.)

Fauchet descend à la barre. On demande qu'il soit renvoyé devaflt le comité de sûreté générale.

Danton. — Je demande qu'on entende Fauchet, cet apostat de la liberté, qui a allumé la pierre civile dans son département ; vous allez voir que tout ce qu'il dira ne fera que nous confirmer dans l'idée que nous avons qu'il est un contre-révolutionnaire.

{ Journal de la Montagne, n* li.)

Remarquons bien qu'à quelque degré de culpabilité qu'il croie Fauchet descendu, Danton n'empêche pas qu'on l'entende. C'est un point essentiel quand il s'agit d'un homme qui, dans quelques mois, sera condamné sans être entendu.

On demandait que les évêques qui ne voulaient pas consentir au mariage des prêtres, fussent considérés comme ayant donné leur démission.

Danton. — La rédaction nouvelle qu'on vous propose est indigne du peuple français. Les évêques qui s'opposent au mariage des prêtres sont d'autant plus coupables, qu'ils sont salariés parla nation. La sagesse ne doit pas être pusillanime. Nous avons conservé les traitements des évêques, qu'ils imitent leurs fondateurs ; ils rendront à César ce qui appartient à César. Eh bien, la nation est plus que tous les Césars. Je demande donc la destitution de tout évêque qui s'opposerait au mariage des prêtres ; je demande même une année de fers, si cette opposition a une source é'incivisme. [Moniteur du 22 juillet 93.)

A propos de faits déplorables qui avaient eu lieu à Baucaire en avril :

Danton. — Le comité de sûreté générale vous propose de décréter d'accusation, ceux qui ont assassiné les patriotes de la ville de Baucaire; cette Danton. 17

mesure tend à favoriser l'impunité de ces conspirateurs. Renvoyez-les au tribunal révolutionnaire, sans prononcer des décrets d'accusation, dont les actes sont toujours lents à rédiger. C'est à l'accusateur public à le faire, et le tribunal les expédie. (On applaudit.)

Lacroix ayant demandé qu'on prononçât la dégradation civique pendant deux ans contre les municipaux de cette ville, coupables d'avoir laissé égorger des patriotes ; Danton ajouta :

Je demande la question préalable sur la dernière proposition de Lacroix. Attendez que le peuple vous ait remis sa foudre dans la fédération du 10 août; alors vous frapperez des coups plus forts sur les administrateurs, qui n'en sont pas moins coupables quoiqu'ils se soient rétractés. Vous les rendrez inhabiles à venir empoisonner la législature. {On applaudit.)

{Moniteur du 23 juillet 93.) •

C'est après de telles paroles recueillies dans le journal officiel, connu de tout le monde, que des historiens ont dit : « Danton, après son second mariage, ne montra plus sa première énergie! »

A propos des soupçons qui commençaient à planer sur Custine :

Damon.— La Convention ne peut pas rester dans l'incertitude sur un pareil objet ; il faut qu'elle sache ce qu'est Custine. Condé a été obligé de se rendre, faute de vivres ; Valenciennes est cernée de toutes parts, et chauffée de très près. L'armée du Nord a besoin d'un général ; la nation a des doutes sur Custine, il faut que Custine soit jugé. Je demande que le ministre de la guerre et le comité de salut public rendent compte de ce qui peut être à la charge de ce général, afin que la Convention prononce. (Moniteur ÛU Î3 juillet 93.)

Le 25 juillet il fut nommé président de l'Assemblée. {Moniteur du 27 juillet 93.)

Une députation de la Société républicaine du 10 août se présente à la barre pour demander que Bouchotte soit maintenu au ministère.

Danton, répond en sa qualité de président :

11 appartient à ceux qui le 10 août ont puissamment concouru à la conquête de la liberté, de la surveiller. Si c'est l'audace qui a créé la République, c'est la défiance qui doit la surveiller. La Convention sait que les défenseurs de la liberté sont dans le sein du peuple. La Convention examinera votre pétition, et vous accorde les honneurs de la séance.

[Moniteur du 28 juillet 93.)

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