‹ DantonChapitre 197 sur 208 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Convention , à m'armer do deux pistolets, et à assassiner dans le sein de la Convention Robespierre et Saint-Just.

D'après cette lettre , les destinés de la France étaient remises dans mes mains, j'étais le seul homme capable de la sauver. Je ne me suis pas laissé séduire par ces belles paroles, mais j'ai regardé le comité de salut public comme le seul capable de garantir la liberté du naufrage. {On applaudit. ) Je demande le décret d'accusation contre Simon.

Bourdo?j, de l'Oise. — Je déclare que ce malin, il m'a été remis une lettre semblable par un huissier; elle devait sans doute me parvenir plus tôt. On m'invitait d'aller au Palais de Justice y exciter le peuple, et faire égorger le tribunal.

Simon est décrété d'accusation et renvoyé au tribunal révolutionnaire. (JV<mif«*rdu9avril 94.)

Club des Jacobins.

Lcgendre y fait la déposition qu'il avait faite le malin à l'Assemblée ; sans guère plus de détails : « On me faisait entendre qu'il y avait un parti pris qui viendrait à mon secours, dès que le coup de pistolet serait lâché. J'ai reçu une lettre pareille d'Orléans... 11 est possible que je me sois trompé en politique , mais en probité l'homme de bien ne se trompe jamais; il sera toujours impossible de me faire tremper dans l'odieux complot de détruire la Convention et les comités. »

[Moniteur du 11 avril 94.)

Club des Jacobins.

Legendre.— J'étais avant la découverte du complot l'intime ami de Danton, j'aurais répondu de ses principes et de sa conduite sur ma tête. Mais aujourd'hui je suis convaincu de son crime, je suis persuadé qu'il voulait plonger le peuple dans une erreur profonde ; peut-être y serais-je tombé moi-même sans aucune défiance.

[Moniteur du 14 avril 94.)

Pitié !

C'est le même Vadier qui disait aussi en parlant de Danton: nous viderons bientôt ce turbot farci.

Camille Desmoulins dans ses notes sur le rapport de Saint-Just.

(Correspondance des œuvres de Desmoulins, t. Il, Paris, Ebrard, 1838.) Dans sa troisième lettre écrite de sa prison à Lucille, Camille disait : « je meurs victime de mon amitié pour Danton. » {Ibidem.)

Robespierre dans son fameux discours sur la morale publi-

DANTON (l7»4).

que, discours dans lequel il prépare la fête de l'Être suprême, revient ainsi sur le compte de Danton :

Danton qui eut été le plus dangereux ennemi de la patrie , s'il n'en avait été le plus lâche; Danton ménageant tous les crimes, lié à tous les complots, promettant aux scélérats sa protection, aux patriotes sa fidélité ; habile à expliquer ses trahisons par des prétextes du bien public ; à justifier ses vices par ses défauts prétendus, faisait inculper par ses amis, d'une manière insignifiante ou favorable, les conspirateurs près de consommer la ruine de la République, pour avoir occasion de la défendre lui-même; transigeait avec Brissot, correspondait avec Ronsin , encourageait Hébert, et s'arrangeait à tout événement pour profiter également de leur chute ou de leurs succès, pour rallier tous les ennemis de la liberté contre le gouvernement républicain.

{Moniteur du 8 mai 94.)

On sait qu'après le 9 thermidor, il y eut réaction contre Robespierre; cela devait être puisqu'il était tombé.

Lecointre de Versailles monte à la tribune et entreprend de démontrer à la Convention nationale et par pièces authentiques et par témoins que Billaud-Varennes , Coîlot-d'Herbois et Barrère, membres du comité de salut public ; Vadicr, Amar, Vouland et David, membres du comité de sûreté générale, sont répréhensibles. Il les charge de vingt-six accusations; parmi lesquelles deux se rapportent plus spécialement à l'affaire Danton.

« 13° De n'avoir pas donné connaissance à la Convention nationale de la lettre écrite par Fouquier, dans laquelle il exposait à la Convention que les accusés demandaient à faire entendre seize députés, dont les dépositions prouveraient la fausseté des faits qu'on leur imputait, et qu'ils en appelaient au peuple, en cas de refus, et d'avoir substitué à cette lettre un rapport mensonger, duquel les comités ont fait résulter que les accusés s'étaient mis en rébellion contre la loi, ce qui a déterminé le décret qui déclare que tout prévenu de conspiration qui résistera ou insultera à la justice du tribunal, sera mis hors des débats et jugé sur-le-champ.

« 14° D'avoir (Amar et Vouland), en apportant eux-mêmesle décret et en le remettant à Fouquier, dit : « Voilà de quoi vous mettre à votre aise, et mettre à la raison tous ces mutins-là. »

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