‹ DantonChapitre 198 sur 208 · CHAPITRE XII. 38T · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. 38T

Billaud-Varenne répond. — On a parlé de Danton; eh ! qui ne voit qu'on veut sacrifier les meilleurs patriotes sur la tombe de ce conspirateur. Si le supplice de Danton est un crime, je m'en accuse : j'ai dit que si cet homme existait la liberté était perdue; s'il était dans cette enceinte, il serait un point de ralliement pour tous les contre-révolutionnaires. Danton était le complice de Robespierre, car la veille où Robespierre consentit à l'abandonner, ils avaient été ensemble à une campagne à quatre lieues de Paris , et étaient revenus dans la môme voiture. Je vous demande si c'est pour do pareils hommes que la Convention doit voter en ce moment. Je déclare que si les intrigants, les voleurs pouvaient avoir le dessus, je m'assassinerais.

Sur la proposition de Thuriot, la Convention déclare que les sept inculpés se sont toujours comportés conformément au vœu national et à celui de la Convention.

Le lendemain sur la motion de Roux de la Haute-Marne, la Convention revient sur sa déclaration. On reprend la discussion.

Vadier. — Citoyens, on m'a accusé d'un fait qui a causé dans mon 3me un fort mouvement d'horreur; si je m'en étais rendu coupable, je mériterais mille fois la mort. Le voici : Lecointre a dit que j'étais du nombre de quelques-uns de mes collègues qui avaient influencé les jurés dans le jugement de Danton et autres. Le jour où Danton fut condamné, je fus au tribunal avec* mes collègues Thirion et Dupin. Nous fûmes introduits dans une petite pièce d'où nous pouvions entendre les débats sans être aperçus des accusés. Je n'aurais pas même été ce jour-là au tribunal, si je n'avais appris que les accusés inculpaient le comité de sûreté générale, et que je serais peut-être entendu comme témoin.

Lecointre est sommé de relire ses accusations l'une après l'autre , et successivemeut de faire connaître les pièces à l'appui. Après la lecture de la 13 rac inculpation, l'accusateur ajoute :

Ce qui vient à l'appui de cet article nous a été fourni par Fouquier-Tinville; nous avons trouvé copie de la lettre qu'il écrivait à la Convention. Voici comment s'explique Fouquier: « L'on semble me reprocher le jugement de Danton, Lacroix et autres; cependant j'avais écrit à la Convention nationale pour la prévenir que les accusés demandaient à faire entendre seize de leurs collègues (Lecointre les nomme) et en cas de refus, qu'ils en appelaient au peuple lui-même. Je ne devais pas m'attendre que par un rapport infidèle on changerait le sens et les expressions de ma lettre , et que Saint-Just, dans un rapport mensonger, déclarerait à la Convention que les accusés étaient eu rébellion complète; ce qui a déterminé le décret qui les a mis hors des débats,

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dans le cas où ils résisteraient ou insulteraient à la justice du tribunal. » (Murmures.) Je suis ici l'organe des pièces.

N... — Tu es l'organe de Fouquier-Tinville.

Lecointre. — Le rapport de Saint-Just a été fait au nom du comité de salut public, qui ne Ta pas désavoué.

Plusieurs voix. — L'article suivant.

Lecointre relit sa 14* inculpation et il ajoute : La pièce qui vient à l'appui est un écrit non signé. {Murmures très violents.) Je vais vous dire quels sont les témoins qu'il faut entendre pour affirmer ce fait, que je tiens de Fabricius. 11 me Ta dit en présence de plusieurs de mes collègues de la commission et du président du tribunal révolutionnaire, qui me l'a lui-même certifié, en me disant que le nombre de personnes attachées à ce tribunal me l'attesteraient. Fabricius indiquera les témoins qu'il faut entendre.

Lecointre passe à l'article 16 qui a encore trait à l'affaire Danton; il accuse Amar, Vouland, David et Vadier, lorsque des jurés étaient à la chambre des délibérations, et que le bruit se répandait dans le tribunal que la majorité était pour l'absolution des accusés, d'avoir passé par la Buvette, dans une petite chambre voisine de celle des jurés, et d'avoir engagé Hermann à les déterminer par toutes sortes de voies, à condamner à mort ; ce que celui-ci, en entrant dans la chambre du conseil, a exécuté, en parlant contre les accusés, et en excitant ceux des jurés qui avaient voté pour la mort à menacer les autres du ressentiment des comités.

Plusieurs voix. — Les pièces !

Lecointre. — Les témoins en déposeront.

Bréard. — Ce qui vient de vous être lu est encore dans l'écrit de Fabricius.

Vadier. — J'invoque le témoignage de ceux de mes collègues qui étaient avec nous dans cette journée, ils peuvent dire si j'ai parlé au président, aux juges ou aux jurés.

Toirion. — Le jour où la Convention prononça que les accusés qui résisteraient ou insulteraient à la justice du tribunal, seraient mis hors des débals, j'étais dans le tribunal à côté de Vadier et de plusieurs de mes collègues ; Vadier ne pouvait pas plus voir ce qui se passait que moi , il ne pouvait qu'entendre : je montai sur une chaise; c'est alors que Danton m'aperçut et m'interpella de demander à la Convention que des témoins fussent entendus. Vadier resta avec moi jusqu'à la fin de la séance, et il n'a pas pu contribuer à faire condamner les accusés.

Amar. — Je déclare à la Convention et à la France entière, que les faits qui me sont imputés ainsi qu'à Vouland, sont autant de calomnies atroces. Nous étions Vouland et moi au tribunal, derrière les juges et les jurés, dans une

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