CHAPITRE XIII
Report... 49,775 liv.
3° Le 12 avril 1791, une pièce de pré et saussaie, contenant 8 arpents au Linglé, ci 6,725 »
4° Le 13 avril 1791, un bien patrimonial n'ayant absolument rien de seigneurial malgré les apparences qui pourraient résulter du nom de la venderesse, M ,,e Marie -Madeleine Piot de Courcelles; bien situé à Arcis sur Aube, place du Grand Pont, le tout contenant 9 arpents, trois denrées, quatorze carreaux, ci 25,300 »
5° Le 23 octobre 1791, cinq petites pièces de bois de la contenance de 2 arpents, 2 denrées, ci. . . 2,250 »
6° Le 7 novembre 1791, une denrée, 25 carreaux de jardin pour agrandir la propriété qu'il a acquise de M" e Piot, ci 240 »
7° Ibid., deux denrées de bois, ci 460 »
8° Le 8 novembre 1791, un jardin pour agrandir la susdite propriété, ci 210 »
Total de toutes les acquisitions d'immeubles laites par Danton en 1791, ci 84,9601iv.
N'oubliez pas l'époque, et vous conviendrez que le prix réel en argent des immeubles ci-dessus indiqués devait être bien inférieure à ce chiffre, car l'achat a dû être fait en assignats.
Or, à partir de cette époque, disent les fils, il ne fit plus aucune acquisition importante ; ce qui est prouvé par ce qu'ils recueillirent de la succession de leur père. Voici en quoi consistait cette succession :
1° La ferme de Nuisement, vendue par eux le 23 juillet 1813 ;
2° La maison d'Arcis et dépendances, agrandies par les acquisitions partielles qu'avait faites Danton ;
3° 19 arpents, 7 denrées, 41 carreaux de pré en Saussaie;
4° 8 arpents de bois ;
5° 2 denrées, 40 carreaux de terre située dans l'enceinte d'Arcis.
Les fils déclarent sous la foi du serment qu'ils n'ont recueilli rien autre de la succession de leur père que quelques portraits
de famille, le buste en plâtre de leur mère, quelques effets mobiliers et une rente de 100 francs.
Les livres de l'enregistrement et les matrices cadastrales peuvent fournir la preuve de ce que nous venons d'avancer.
Mais, dira-t-on : la condamnation de Danton ayant entraîné la confiscation de tous ses biens sans exception, la République a pu en vendre et en a peut-être vendu pour des sommes considérables. Les fils n'ont peut-être recueilli que ce qu'elle n'a pas vendu.
Les fils répondent :
Les meubles et les immeubles confisqués à la mort de notre père dans le département de l'Aube et non vendus furent remis en notre possession par un arrêté de l'administration de ce département, en date du 24 germinal an iv (13 avril 1796), arrêté dont nous avons une copie sous les yeux, arrêté pris en conséquence d'une pétition présentée par notre tuteur, arrêté basé sur la loi du 14 floréal an in (3 mai 1795) qui consacre le principe de la restitution des biens des condamnés par les tribunaux et commissions révolutionnaires, basé sur la loi du 21 prairial an ut (9 juin 1 795) qui lève le séquestre sur ces biens et en règle le mode de restitution ; enfin arrêté basé sur la loi du 13 thermidor an m (34 juillet 1795) dont il ne rappelle pas les dispositions.
L'administration du département de l'Aube, dans la même délibération, arrête que le produit des meubles et des immeubles qui ont été vendus et des intérêts qui ont été perçus depuis le 14 floréal an m (3 mai 1795) montait à la somme de 12,405 liv. 4 sous 4 deniers sera restituée à notre tuteur en bons au porteur admissibles au payement de domaines nationaux provenant d'émigrés seulement.
C'était le total de l'état de réclamation présenté par notre tuteur dans sa pétition, et tout le monde pensera comme nous, qu'il n'aura pas manqué de faire valoir tous nos droits.
Pourquoi le tuteur n'aurait-il pas fait de réclamations ailleurs, s'il y avait eu possessions ailleurs? Le décret rendant tous les biens aux condamnés ne faisait pas de distinction. En avril 94, si Danton avait été si riche, croit-on que ses accusateurs auraient manqué de faire sonner-bien haut la somme des confiscations, puisque Danton était réputé voleur? En 1795, lors de la restitution, la République avait-elle h cacher ce qu'on avait confisqué à Danton? Il faudrait supposer que Danton eut possédé des biens à l'insu de sa famille; mais il vivait en famille, ce qui rend la chose impossible. Les fils mentent, ajoutera-t-on ; eh bien, qu'on