OU ABONNÉ
{Le Patriote français, par Brissot, n*601.)
Ainsi Danton a désormais à sa disposition deux tribunes pour appeler les citoyens à la révolte , un corps de la milice parisienne pour soutenir au besoin le mouvement, et voix délibérative à l'assemblée départementale, pour entraver les projets de la municipalité; c'était avoir fait beaucoup de progrès en peu de temps; il devenait de plus en plus difficile au pouvoir exécutif de résister.
L'occasion de faire l'épreuve de ses forces ne tarda pas à se présenter. On se rappelle les circonstances du départ du roi pour Saint-Cloud, on va voir quel rôle y joua Danton comme commandant de la garde nationale; c'est Lafayette lui-même qui va nous l'apprendre, afin que nul n'en puisse douter.
Le motif du voyage était, dit-on, la répugnance très légitime du roi à faire ses pâques dans sa paroisse constitutionnelle. La faculté laissée aux volontaires de changer tour à tour de service avec leurs camarades, avait facilité ce jour-là une composition de cette garde favorable au but qu'on se proposait. Lafayette fut mal secondé par les troupes de service ; c'est la seule fois qu'il eut à s'en plaindre. Le bataillon des Carmélites ou de Saint-Nicolas, qui était en fort bon ordre dans la grande allée des Tuileries, lui offrit, il est vrai, d'assurer le départ du roi. Cette proposition aurait peut-être piqué