CHAPITRE IV
de son mari, madame Roland va calomnier le ministre de la justice!
Autre séance des Jacobins.
Dans son acte d'accusation contre Roland, Collot d'Herbois dit à propos de ces événements :
Dans le mois de septembre dernier, Roland proposa de (initier Paris avec la sage précaution d'emmener avec eux l'Assemblée nationale, et d'emporter le trésor public. Il se proposait sans doute de régner dans le midi et de laisser rétablir la famille capétienne. Roland avait concerté avec ses partisans cette fuite criminelle, mais Dnnlon, le robuste républicain, Danton les devina, leur opposa d'énergiques résolutions et sauva la chose publique. (Applaudissements.)
(Journal des débats delà société, n* 365.)
Voici comment Peltier interprète les discours et les faits relatifs à Danton dans les deux volumes qu'il a laissés sur le 10 août et les journées de septembre ; c'est la source de dénigrements où l'on a communément puisé.
Roland et Claviere formaient dans le conseil exécutif, une espèce de parti de l'opposition, appuyé dans l'Assemblée nationale sur Brissot et les Bordelais, et sur Pétion et Manuel à la municipalité. Servan, Monge et Lebrun n'osaient avoir une opinion à eux. L'homme terrible par excellence, celui qui en fronçant le sourcil faisait trembler tous ses collègues, était le ministre de la justice, Danton. Roland étonné des premiers succès du duc de Brunswick, ouvrit dans le conseil l avis de quitter de bonne heure Paris, avec les otages du temple, les ramas d'assignats, les archives de l'Assemblée, et le corps législatif. La frayeur avait tout saisi. Danton seul résistait à l'impulsion, il employa l'arme de la terreur pour faire marcher à l'armée, et les ordres pourl'Abba\e et les prisons particulières de l'hôtel de la chancellerie... (Tome II, page 69.)
Le ministre de la justice Danton, fit aussi, lui, paraître une adresse aux corps judiciaires. Cette pièce qui lui fut imposée par C. Desmoulins n'est qu'une longue diatribe contre la cour.
[Ibid., page 83.)
Danton, Manuel et Pétion, premiers auteurs des massacres de septembre, s'aperçurent tellement de l'impression de répugnance qu'éprouvait le peuple de Paris pour les coupes réglées, qu'il fut arrêté de frapper le grand coup; le 26 août, lendemain de l'exécution de Derosoi, Danton se fit donner les listes des prisonniers; le 28, les visites domicilicres eurent lieu, et cinq jours après...
[lbid., p. 197 )
Au 26 août les sections de Paris présidées par les chefs de la faction ; le
conseil de la commune dirigé par Manuel, Robespierre et Marat ; le conseil exécutif où Danton primait en menaçant ses collègues et l'Assemblée législative qui obéissait à toutes les impulsions qu'on lui donnait, voilà quelles étaient les autorités agissantes. Le département de Paris était nul; le tribunal révolutionnaire avait perdu son crédit en acquittant quelques accusés.
(Tome II, p. 239.)
Nous sommes au 29. Voilà donc les prisons comblées. Plus d'espoir de trouver, ni d'entasser beaucoup de victimes. Un grand nombre de prêtres arrêtés, les églises, les couvents, les séminaires sont remplis; il faut agir; Danton s'est fait donner les listes dès le 27.
(Ibid., p. 251.)
Dès le 1" septembre, le conseil des assassins se tient chez Danton ; chacun reçoit ses ordres; les fonctions sont assignées, les rôles distribués comme au 10 août.
(Ibid., p. 268.)
Il était une heure après midi (2 septembre). Le conseil se rassembla chez Danton. Toutes ses listes étaient prêtes. Celle des commissaires ambulants était déjà remplie; elle était composée de tout ce que Paris renfermait de plus effroyable. La Commune en avait fourni la majeure partie. Le conseil exécutif confirme la nomination qu'en avait faite Danton ; et que les autres ministres ne disent point que la terreur qu'ils avaient de Danton les réduisait au silence, c'était, pour me servir des expressions de Danton lui-même, c'était le tempérament plutôt que la scélératesse qui leur manquait. (Ibid., p. 275.)
L'adresse du comité de surveillance de la Commune aux départements pour les inviter à imiter la ville de Paris, adresse qui, comme on sait, fut expédiée des bureaux de la chancellerie sous le contre-seing de Danton. {Ibid., p. 461.)
Il faut maintenant en venir à l'ordonnateur suprême de ces meurtres, au général des assassins, à l'homme devant qui s'éclipsent Marat et Robespierre eux-mêmes à Danton enfin, ministre de la justice.
Les visites domiciliaires, le désarmement des personnes suspectes décrétés sur sa motion et exécutés par Robespierre, la nomination et l'envoi des commissaires ambulants qui firent faire les massacres de Lyon, Rheims et Meaux et prêchèrent partout la loi agraire, le meurtre et le pillage, les sommes dépensées secrètement, dont il ne voulut jamais rendre compte, la peine de mort qu'il fit décréter le 2 septembre au matin, contre ceux qui contrarieraient ses opérations , l'adresse aux départements qu'il fit partir le 3, sous son propre contre-seing, adresse imprimée dans la nuit, rédigée la veille, et qui n'a pu être composée que dans ses bureaux; ses liaisons connues, son caractère féroce, sa vie précédente, son influence sur la révolution, ses paroles devenues proverbiales; tout jusqu'à sa figure atroce, nous dit : Voilà le chef du 2 septembre ! [Ibid., p. 488-489.)