‹ DantonChapitre 89 sur 208 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

voisinage n'expliqtierait-il pas le patriotisme brûlant des vénérables inquisiteurs de Fontenoy?

(Journal le Patriote français, n*lî05.)

Qu'on nous permette de ne pas nous arrêter à cette nouvelle accusation; nous promettons, à propos d'une circonstance beaucoup plus grave, de répondre à toutes de manière à ne laisser • aucun doute.

Àu chapitre II, de ce volume, nous avons vu que cette maison de Fontenoy-sous-Bois appartenait au beau-père de Danton. C'est Camille qui nous l'apprend. Brissot l'ignorait-il bien réellement?

Le 1 er décembre 1792, Danton, par ordre de l'Assemblée, fut envoyé comme commissaire en Belgique avec Lacroix. On ne voit pas qu'il ait réclamé la faveur de cette mission. Il obéit à un ordre. Que l'Assemblée l'ai choisi préférablement a d'autres, cela se conçoit, quand on sait qu'il s'agissait d'aller surveiller Dumouriez et d'assurer l'union de la Belgique à la France. A la plus grande puissance militaire du moment, il fallait opposer la plus grande puissance diplomatique; à Dumouriez, Danton.

Nous reviendrons sur cette grave circonstance, mais nous devions prévenir les lecteurs attentifs, afin qu'on sut bien que, si nous n'entendons plus le tribun, c'est qu'il remplit ailleurs un devoir d'une égale importance.

Pendant l'absence de Danton l'Assemblée avait commencé le procès du roi.

Le commissaire en Belgique était revenu le 14 janvier à Paris. Soit fatigue, soit maladie de sa femme, il ne parut à la Convention que le 16. La preuve en est fournie par son absence aux deux votes qui furent émis le 15. 1° Louis Capet est-il coupable d'attentat contre la sûreté générale?

Département de Paris, Danton absent par mission. 2° Le jugement 'sera-t-il soumis a la ratification du peuple? Département de Paris, Danton absent par commission.

Croit-on que, s'il s'était déjà prononcé à la tribune le 14, jour même de son arrivée, comme on l'affirme, un député aussi important que lui eut fait si peu de sensation que le lendemain

on pût inscrire sans réclamation : absent par commission ? N'oublions pas que tout le monde avait les yeux sur Danton , un des plus grands orateurs du moment.

Un de nos plus éminents écrivains a commis à cette occasion une grave erreur. lia attribué à Danton, à propos de la manière de présenter les votes sur le jugement du roi, une série de propositions qui semblent par leurs dispositions perfides incliner au sursis de la peine à infliger. Fut-ce à dessein? nous n'oserions l'affirmer, mais on pourrait le croire chez un auteur qui n'a pas osé se prononcer ouvertement sur la question préalable de la vénaliié du président des Cordeliers. En effet, si Danton a été acheté par la cour, la demande du sursis n'est plus qu'une conséquence naturelle de cette première trahison; il y avait une sorte de logique à la lui imputer ; avec une âme vénale on n'y regarde pas de si près.

Voici comment a été commise cette erreur que je n'hésite pas à qualifier de condamnable puisqu'elle compromettait l'honneur d'un homme, d'un grand citoyen; puisqu'en compromettant l'honneur du patriote, aux yeux de bien de gens, elle flétrissait le parti ; il faut y regarder de plus près quand il s'agit de si graves intérêts. Mais on n'en finirait pas, s'il fallait donner une attention si minutieuse, et le génie a des intuitions de toutes choses. Allant donc au plus court, l'historien s'est guidé sur la réimpression du Moniteur. Or, il faut qu'on sache que M. Léonard Gallois, éditeur de la feuille réimprimée, s'est permis de rectifier le texte primitif, qui portait pour nom d'auteur des susdites propositions Dannon, au lieu de Danton. M. Gallois pouvait se tromper, cela arrive à tout le monde; mais, se permettant une rectification qui entraînait d'aussi graves conséquences, il devait par note en prévenir le lecteur. (Voir le Moniteur du 16 jan- • vier 1793.)

L'historien moderne aurait dû, quoi qu'il en soit, être arrêté par l'objection que nous avons déjà posée : comment l'Assemblée déclare-t-elle absent le 15, un homme qui a parlé le 14, et qui surtout a fait une série de propositions scandaleuses pour un révolutionnaire? Mais y regarde-t-on de si près quand on a tant à raconter? Il y a plus, si l'historien moderne avait lu attentivement le discours prononcé par M. Dannon sur la con-

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