ACTE 1, SCÈNE I
tionnaires dans la Convention et disperser la Convention elle-même ? La Commune. Où trouve-t-on le vrai progrès ? dans la Commune. A qui devez-vous la fête d'aujourd'hui, qui doit sceller le triomphe de la raison sur la tyrannie et la superstition ? A la Commune I à la Commune I à Hébert et à Chaumette, les chefs de la Commune !
La foule. — Vive la Commune ! Vivent Hébert et Chaumette !
Un citoyen (à son voisin), — Est-il donc vrai, comme on le dit, que cet Hébert était autrefois vendeur de billets de théâtre ? ,
Le voisin. — Oui. Mais c'est un bon patriote.
Le citoyen. — Et qu'en cette qualité il s'est rendu coupable de diverses escroqueries ?
Le voisin. — Oui. Mais c'est un bon patriote.
Le citoyen. — On dit que, l'occasion s'offrant, il a dérobé des cuillers d'argent.
Le voisin. — Mais c'est un bon patriote, vous dis-je.
Le citoyen. — Il s'en va toujours crasseux, comme Marat faisait.
Un sans-culotte {saisissant le citoyen à la gorge).
— Quoi ! coquin, tu diffames HébeTt !
D'autres. — Il a fait cela ? A la lanterne !
Un homme dans la foule. — Je le connais, c'est un cirier ; il livre des cierges aux églises de villages. Aussi est-ce un réactionnaire, un ennemi de la Commune. A la lanterne !
Cris de femmes qui s'avancent {derrière la scène);
— Ça ira ! {Elles paraissent).
La foule. — Qu'est-ce ?
Les survenantes. — Lambertine vient ! la belle Lambertine de Méricourt, avec ses fidèles ! Elle représentera les femmes à la fête de la Raison I
Voix. — Lambertine de retour à Paris ?
Les femmes. — La voici. [Femmes et filles y toutes en costume immodeste^ pantalons rouges, bonnets rouges, cocardes dans les cheveux^ armées de piques ornées de guirlandes, pistolets à la ceinture, font leur entrée^ et parmi elles Lambertine de Méricourt).
La foule. — Vive Lambertine ! vive Théroïne des sans-culottes de Paris I
Lambertine {remercie d^un signe de tête).
Quelques voix. — La belle Lambertine de retour à Paris.?
Lambertine. — Oui, de nouveau à Paris — de nouveau elle appartient au peuple de Paris.
Voix. — Où étais-tu? Q.ui t*a enlevée à nous si longtemps i
Lambertine. — Une drôle d'histoire.
La foule. — Raconte.
Lambertine. — Elle ressemble à une fable. {S^ avançant)» Telle que Vous me voyez, je reviens de la cour impériale de Vienne I
La foule. — De Vienne f
Lambertine. —
De Vienne. Apprenez ce qui peut arriver
A une sans-culotte qui est encore jeune — qui dans la tête
A deux yeux flamboyants. — Cest la plus foUe
Histoire du monde ! Les Jacobins
M'avaient envoyée à Liège faire
De la propagande. Sur la route — chance maudite ! —
Je tombe aux mains de l'ennemi et je suis livrée
A l'Autriche et traînée
Dans une forteresse du Tyrol. L'empereur entend parler
De Lambertine, la Parisienne,
Il désire la voir — elle vient, plaît à la cour,
Fait de la propagande auprès des grands seigneurs,
Vit magnifiquement et dans la joie, mais pourtant