‹ Danton & RobespierreChapitre 29 sur 117 · ACTE II, SCÈNE II. 8l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. 8l

DuPLAY. — Tu prends trop de libertés, femme ! tu donnes des ordres au citoyen Robespierre, au point que c'est une honte ; tu l'arranges comme une poupée d'enfant, quand son costume ne te plaît pas.

Madame Duplay. — Je t'en prie, tais-toi, Duplay !

DupLAY. — Tu le gênes, tu t'empresses autour de lui, tu t'imposes trop à lui.

Madame Duplay. — N'est-ce pas mon devoir? Doitil se préoccuper lui-même de toutes ces bagatelles f N'a-t-il rien d'autre à penser ? N'est-il pas fréquemment si fort plongé en lui-même, qu'il ignore ce qu'il fait? N'a-t-il pas dernièrement à table pris du potage dans la soupière sans remarquer qu'il n'avait pas encore d^assiette devant lui ?

Duplay. — Là, là, ne t'emporte pas, la vieille ! — Je veux moi-même qu'il en soit ainsi, je veux que tu me soignes le citoyen Robespierre comme tu as coutume de le faire, et aussi vrai que je suis un honnête sans-culotte et républicain, si tu agissais autrement, femme, il pourrait très bien arriver que je te brisasse la tête. (// sort).

Madame Duplay. — Fou ! — Qui est là ? Un étranger à la porte. {Elle va ouvrir : Saint-Just entre). Ce n'est pas un étranger, citoyen Robespierre, ce n'est pas un étranger I Voyez ! {Elle sort).

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