ACTE II, SCÈNE V. II
jure par le salut de la République I Ton front brûle ! Tu es ivre, Danton.
Danton (calme), — Non, Camille ; je suis dégrisé.
— Un mot tout tranquillemeot — tu verras, tout tranquillement (// s'approche de Robespierre, qui l'attend debout et calme). Mon cher Robespierre 1 Je t'ai dit que je voulais quitter Paris, me marier, me livrer au repos ; que je sais fatigué , indifférent, blasé \
— Ne le crois plus I
[S'eHflammant)^.
Je veux me dresser debtîui ! — EDteads-ta^ souraota, Toi, l'homme de Tenvie, de la haine et de la vengeance, Qui, dans ta méchanceté hypocrite, nommes traître Et envoies à l'échafaud celui que tu hais. —
Robespierre [calme], — Tu mens^ Danton, et la preuve, c'est que tu vis !
( Instant de s ihncieii se an oi ion) .
Danton [riant impétueusement)*
Pygmée ! — ne sais-tu pas qu.' il y a eu un temps
Où le souffle de cette bouche a enflammé
La République à des cho&eii aurhuanincs? Ne sais- tu plui
Que lorsque dans la Gsnveotîori, ici à PariSj
Je frappais du pied, je faisais trembler
Le sol de la France jusqu'à ses fronlières
Avec toutes les armées ennemies qui s'y trouvaient ?
Qui s'attaquera à Danton ? Sa 15- tu qu^accuser
Danton, c'est la même chose qu^ exciter par des railleries
Un lion qui depuis longtemps avait rentré ses griffes,
A redevenir enfin tout- à-fait lui-même ?
Sais-tu que cela signifie opposer
Une moitié de la France à Tautre moitié
Dans un combat sauvage, enragé, sans merci ?
Qui l'osera ? qui l'osera ?
Il6 DANTON ET ROBESPIERRE
HoBEsriERtiz [étendant avec calme la main vers lui).
Le poltron Hobespierre
{Danton veut s^ élancer sur lui. Robespierre reste dans sa position. Saint-} ust se place à coté de lui y Vépée nue. Le rideau tombe.)