ACTE m, SCÈNE lu lay
Qut noi3s aToaâ respjrce est un miasme' Qiii noas a infectés ^ Pt malnleûatît se répand Sur nous ^ C'est nutre tour* — N'e^t-ce pas, U sHo filtre déjà dans tous vos membres ? -*■
Folles ! — pardonnez l — Vous souvenez-vous encore du toast que je portai autrefois f
Nous jouissons de la vîe, de la v^îe rose et brillante, £t <{uand nous ^eroni un jour sur le seuil de rFîadèSj Le verre ne s^échappera pas de ao^ mains ', Nous porterons encore un toast à la lumière dorée l
Vive I2 vie !
Tous {trinquant), — Vive la vie 1 et vive Danton î
Danton {avec tes symptômes d'une Icgcre ivresse^ dans une excitation croissante), — Oh î mourir n'est rien. Mais mourir dupé par Robespierre — mille tonnerres ï par ce pédant, ce solitaire puritain, ce héros de la Révolution qui a du coton dans les oreilles et un gilet de flanelle sur le ventre ! — Oh ! détestable coquin ï Pourquoi m*as-tu d'abord rassuré ? pourquoi ne m^as-to pas attaqué ouvertement et honnêtement, sans détour^ comme le diable emporte le lansquenet ^ ? pourquoi m'as tu récemment défendu à la Convention? Ouij c'est ainsi que fait le vampire, qui d'abord évente doucement de ses ailes Thomme endormi, alin de rendormir plus profondément encore avant de lui sucer le sang. Oh ! j'aurais dû te prévenir^ misérable I j'aurais du tremper mes flèches dans ton propre poison \
Fabre. — La « chandelle d'Arras » est devenue pour le moment un respectable brandon. La conspiration
1 AllnsiDU â un vîeuï fabliau allemand populaire.
\N^i£ du Iraducitur,)
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des royalistes, l'émeute des prisons, la précipitation du tribunal — il a machiné tout cela aussi excellemment qu'utilement pour lui.
Hérault. — Oui, pour le moment, le petit homme nous a surpassés, nous, têtes brillantes. Pour le moment nous devrons nous soumettre et aller à l'échafaud. — Camille, tu penses encore à Lucile.?
Camille. — O ma femme adorée 1 {Plusieurs rient),
Danton. — Laissez-le. Vous ne connaissez pas cela. C'est une chose terrible que de devoir s'acheminer d^un lit nuptial nouveau, chaud, fraîchement préparé, vers la froide nuit de la mort. Je puis entrer dans ses sentiments. O ma Louison ! les vers savourent ton fiancé à ton nez ! Merveilleuse enfant — si Ton m'avait au moins permis de jouir avec toi de la lune de miel !
Lacroix. — Tu as assez joui, Danton !
Danton. — Je ne puis le nier. Qu'importe que je meure ? Je me suis donné du bon temps dans la tourmente de la Révolution, j'ai bravement bu, bravement caressé des femmes charmantes — Allons dormir. — Ce que je préfère, c'est penser à ma jeunesse. Je voudrais pouvoir encore aimer pour la première fois. Vive notre premier amour ! Que chacun en ce moment se représente l'espiègle petite grisette ! Epoque délicieuse, quand la petite brune se glissait vers nous dans la mansarde du sixième étage — et que nous étions alors aussi bêtement heureux que des enfants !
Lacroix [levant son verre), — Et les belles heures passées en badinant !
Danton. — Oui, et à défaut de rideau, on tendait devant la fenêtre le jupon de la petite. — Temps heureux et innocent! Vivat pour lui I
Tous. — Vivat!
Le vieux marquis. — Danton, vous auriez pu faire