ACTE III, SCÈNE II. I3I
un peu dans ma cellule. Je suis fatigué» amis, vraiment fatigué. {S'élirant], Quand des membres comme ceux-ci sont laSj ils le sont doublement. Adieu, amis ! (// se retourne eit sortant). Quoi ? une aussi triste séparation [ Aucun dernier hourra, quand Danton va se reposer, lui, le « colosse de la Révolution ^, le grand Danton, qui avec plaisir aurait été plus grand encore, si seulement il avait trouvé que cela en valût la peine ? Mais il faut déjà un certain degré d^nintelligence pour vouloir, sur cette triste terre, être grand à la sueur de son front. Qu'il suffise de ce que j*ai été ! Plaudiie^ amicl I Laissez-moi percevoir une fois encore le mugissement des anciennes vagues qui ont si souvent enivré mon coeur plus jeune 1
Les compaosons ut les amis. — Hourra ! Vive Danton, le colosse de la Révolution !
Danton {tirant une bourse pleine et en jetant le cûn~ tenu aux prisonniers ordinaires au fond du vaste cachot), — Attention, vous autres !
Les prisonniers {ramassant tes pièces d'or), — Vive Danton ! Hourra ! Vivat !
Danton. — Ha, hSj ha ! c*est délicieux ! Les gaillards seront décapités demain, et ils crient encore aujourd'hui : Vivat! pour de l'argent, Haj ha, ha ! Adieu, amis ! Eveillez-moi quand il sera temps {Jî se rend dans sa cellule). •<
lîâ DANTON ET ROBESPIERRE