‹ Danton & RobespierreChapitre 58 sur 117 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

(Forêt de Montmorency, près de Paris. A côté, l'Ermitage de Rousseau).

Robespierre {s' avançant à travers les arbres).

Un homme se promène ici, qui est condamné

A scruter les autres hommes^comme à travers une glace transparente,

Jusqu'au plus profond des entrailles.

Il voit tressaillir toutes les fibres du cerveau

Arrosées par le sang, il voit pendre les lobes

Du cœur et des poumons, il voit tournoyer

La sève de la vie, il voit l'écheveau entremêlé

Des intestins reposer dans la cavité

Du ventre, comme un grand nœud de serpents

Qui se chauffent au soleil dans la profondeur d'une forêt :

Et cet homme — c'est moi. A mes yeux se révèle

Le mécanisme profondément mystérieux des fibres vitales

Dans une repoussante évidence. J'aperçois clairement

La faiblesse et la stupide déraison des hommes,

L'inconstante et fugitive danse d'étincelles

Des sentiments et des pensers humains —

{Après une pause — toujours plongé dans une profonde méditation), — Tout dépend de ceci : Penthousiasme insufflé aux masses durera-t-il assez longtemps encore pour qu'on puisse trouver une forme solide pour la République .? Il ne faut pas perdre une heure ! Par tous les moyens ! par tous les moyens ! par tous les moyens ! — Un revirement dangereux était sensible — Tout tenait à un cheveu — La forêt l — Je respire de nouveau. — Ils deviennent de plus en plus

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