‹ Danton & RobespierreChapitre 83 sur 117 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Âh ! ma chère, La vie est dûvoQue si ride, si prosaïque, DaDs CE temps d'aveuglante lumière î 11 seml>le Que le cceur de l'homme soit un temple qui Ne peut rester longtemp& sans idoles.

Principalement le cœur des femmes —

La comtesse. -^

Moi-même Je suis uae femme -^

La marquise, —

Oui, mais la plus lïrillaute Exception du sexe } — Et pourtant, amie, Il y a dans les prédictions de madame Théot Beaucoup de choses qni conviendraient à une âme grande, libre, Fi ère comme la tienne.

Si toi aussi, comme moi-mâmej ta ne dédaignais De prêter Poreille au roule nient des vâgues de ce qui est grand, De ce qui est noble, partout où il peut retentir. Fût-ce sur la place publique, — Madame Théot Est aussi hardie que profonde ^ au plus haut degré Elle allie la religion à l'amour de la liberté -~

Tallinn. — Permettez, noble marquise! votre protégée n'est peut-être qu'une rénovatrice de la philosophie occulte pour laquelle autrefois Swedenborg, Saint^Germain, les Rose-Croix^ les Illuminés et autres ont fait de la propagande. — Rien de nouveau sous le soleil — ^

La MARauiSE. —

Cest certainement an avantage pour elle Que d'autres lui aient^ frayé la voie.

La Révolution elle-même lui a servi

lyS DANTON ET ROBESPIERRE

De préparation pour la confirmation Des choses qu*ellc enseigne. Elle a langui Longtemps à la Bastille. — Dans la nuit du cachot Se maolfesU à elle la lumière nouvelle —

La Comtesse. —

Et cette îllumiaée est venue vers toi, Àme boime et romtaesque ?

La marquise. —

Non !

C'est moi qui î^ls allée vers elle — c'était dans Tobscurité de la nuit — Une maison sombre et à demi ruinée dans une partie Tranquille et distante de la ville, voilà son habitation. Mais cette maison solîtaire et sombre abrite A rintérieur des choses brillantes et merveilleuses. A peine a-t-oa pénétré dans une salle

Qu'éclaire une lumière blafarde, le « Temple des Mystères », On se voit dans Je cûrcle des initiés, Où des chceurs invisibles, d'agréables Ou terrible» apparitions, une étrange Et mystérieuse manière d'être, arrachent l'âme Aux liens t^nestres. Enfin elle paraît ElJe-mênie, la sublime prophétesse.

Et annonce un nouveau règne.

EHc parle d'un éclair vengeur du ciel, Qui d'abord doit anéantir tout ce qui est Corrompu et indigne. Robespierre, Elle le nomme tantôt son cher fils, tantôt Le premier des prophètes, Mahomet, Le dernier Messie — parfois même Elle le désigne, lui* comme le roi Saul, Et elle-même se compare à la pythonisse d'Endor. Mais à quoi bon t'entre tenir si longtemps d'elle ? Bientôt elle parlera en son propre nom. Je l'ai suppliée De changer une fois au moins cette maison

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