SCENE PREMIERE
(Salle des séances de la Convention. Tallien entre en causant avec Billaud ; il est très gai d*air et de manières).
BiLLAUD. — Tu joues va banque^ Tallien !
Tallien. — Oui. — Je me réjouis d'avance à l'idée de la surprise de toute l'honorable assemblée, quand, au moment décisif, je ferai éclater tout à coup la bombe —
Billaud. — Tu oses trop I
Tallien {riant). — Un homme qui a la corde au cou et va être pendu ne peut jamais oser trop. Robespierre n'est plus en état de me mettre sur sa liste, car — j'y suis déjà. Le sentiment d'une telle situation donne de l'assurance et met en excellente humeur.
Billaud. — Je le remarque. Tu es gai et éveillé comme je ne t'ai pas vu depuis longtemps. Tu dois sortir d'un bon déjeuner chez la comtesse Cabarrus. Tes yeux brillent comme les âmes défuntes des bouteilles de Champagne auxquelles on a brisé le cou.
Tallien {riant). — Suis-je surexcité ? Aujourd''hui même tu admireras mon calme. — Robespierre sera