‹ DaphnéChapitre 12 sur 13 · PAYSAGE FLUVIAL · texte numérisé non relu

PAYSAGE FLUVIAL

Etaient-ce là des fleurs ? étaienl-ce des statues De fleurs ?... Un crépuscule immense de parfums

Montait d'elles ! Combien tu me parus étrange, Quand j'en fis resplendir ton beau front incliné! — Je crois que nous voguions sur le fleuve des anges, Et j'ai failli mourir sous ton front couronné !...

Les Cryptes

A Jean Moréas.

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Les Cryptes

u pays dont mon cœur ne sait plus les chemins, Le Destin s'endormit. Par-dessus son épaule Je lus au grave livre, ignoré des humains — — Je m'étais couronné du feuillage d'un saule.

Puis, le soir, délaissant dans le creux d'un rocher Ma vierge se mirer aux sources solitaires, Des bords du lac grondant je me suis approché, J'ai dit : « Je ne veux point abandonner la terre,

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Je ne veux point mourir, tout entier, aux moissons, Les troupeaux parfumés et les pampres des vignes Ont daigné se soumettre à mes simples leçons, L'horizon m'a pressé dans le bleu de ses lignes.

Et des oiseaux mystérieux m'ont apporté La poudre des saphirs célestes sur leurs ailes ; Du souffle des méchants les bois m'ont abrité ; Que la Montagne est âpre et que la vie est belle !

Ces coteaux m'attendaient de toute éternité,

Aux rayons de mes yeux, mûris, grappe vermeille !

Beau lac, si j'ai pris part à ta félicité,

J'ai bu l'âme à ton flot comme au lys boit l'abeille !

Des mots divins, tes flots en ont balbutié.

Mais voici les échos que mes pas ont fait naître :

Le roc a bu mes pleurs qui l'ont remercié,

Mes pleurs ont fait jaillir de claires fleurs vers l'être ! »

Les étoiles, au ciel tranquille, ont palpité,

La lèvre ouverte aux cieux, j'ai dormi sur la route

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