EMMANUEL SIGNORET
PariSj 15 juin 1894.
La Légende d'un Saule
à Fleuri Vernot.
La Légende d'un Saule
:E prophétique azur luit au bleu de vos yeux Ou bien la Nuit d'or sombre emprunte à vos prunelles
La scintillation obscure de ses feux,
O vous qui n'êtes pas et serez éternelle !
Les lys se sont levés aux cieux comme vos mains ! De vos larmes d'encens vous parfumez nos tempes, Vous ombragez l'ardeur des antiques chemins : Vos mains ont précédé nos pas, comme des lampes !
Comme un feuillage d'or, du bouleau blanc, jaillit, Ou comme le jet d'eau des sèves se déploie Par la forêt sacerdotale recueilli, Verte vasque où le flot des chênes saints ondoie.
Voici que vos cheveux d'or se sont répandus ! Vos seins ont l'air de deux colombes assoupies, Votre âme et votre corps vers nos maux sont tendus, Comme un Saule d argent sur des ondes croupies.
Vierge au Cœur grave
à Siuart Merrill.
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Vierge an Cœur grave !!
A^9 I, pareille au liseron vert qui s'abandonne, »«B Posant son front sur l'épaule errante des vents. L'une d'elles, portant aux mains l'éclat mouvant Des couronnes de lys que l'aube calme ordonne !
S'avançait sous les feux de mon Thyrse ingénu Dont l'éblouissement ajoute une aube aux cimes. Lampe du gouffre ! et, pudique comme un ciel nu. Ployait au jeune poids de ses veines sublimes î
Jetant à ceux dont la honte doit s'abriter
Ses vains atours ! comme un vainqueur pose ses armes, —
Si l'une d'elles, revêtant sa nudité,
Dans des coupes d'argent m'offrait un vin de larmes,
J'irais, en répandant le flot immaculé; J'en saurais bien laver l'iniquité des voies, Faire l'avide essaim des ombres reculer, Et des sources d'azur, surgir les jeunes joies !
Elle aurait attendu mes pas pour s'éveiller
Et me reconnaîtrait aux colombes offertes ;
Je l'aimerais de tout l'amour des feuilles vertes
^ue, vaguement, au clair de source, on voit briller !
Je baiserais ses pieds blancs qui feraient éclore Des fleurs sur Therbe chaste et qu'ils auraient pressée, On nous verrait passer tout au fond de l'aurore : Je porterais la Lyre d*or des fiancés !
Sous l'amicale ardeur de ses nobles années. Un cœur naîtrait en moi comme un soleil levant : De clairs lauriers jaillis mes tempes couronnées J'éclairerais la face obscure des vivants l